Réponses aux questions des enseignants


Parmi les questions posées par les enseignants, que nous tenons à remercier, celles qui reviennent le plus fréquemment trouveront ici des réponses succinctes dans la mesure où certains articles les ont déjà développées.

Voici la thèse centrale de nos travaux sur l’enseignement de la lecture, laquelle prend appui en partie sur ceux de Stanislas Dehaene et d’André Giordan :

1) Il faut construire la théorie et la pratique de la lecture sur les principes de l’organisation et du fonctionnement de la langue française écrite.

2) Il faut édifier la didactique de la lecture suivant la théorie du fonctionnement cérébral et la théorie de l’apprentissage appliqué à l’éducation, lesquelles théories adaptent l’objet de la connaissance aux mécanismes du cerveau et aux structures cognitives des élèves ainsi qu’au mode d’organisation et de fonctionnement de la langue française écrite.

Ils prennent en compte la circulaire « Apprendre à lire » promue en 2006 et les nouveaux programmes arrêtés en 2008 par le Ministère de l’Education nationale, en se focalisant toutefois sur les aspects qui sont défendables en termes de neurosciences, sciences cognitives, linguistique, science et méthodologie de la recherche scientifique.

 

I. Que disent les travaux scientifiques sur la lecture ?

A la lumière des recherches de neurosciences et, plus exactement, à l’observation de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) de l’enfant en cours d’apprentissage de la lecture, le cerveau apprend pas à pas à reconnaître et à lire les éléments graphiques simples, puis les éléments graphiques complexes, c’est-à-dire graduellement les lettres, les syllabes, les mots, etc., qui sont les catégories d’unités du français écrit, lequel est la cible privilégiée de l’apprentissage de la lecture. Ces résultats conduisent à de nombreuses déductions dont celles qui suivent figurent parmi les principales :
     1) La méthode d’enseignement de la lecture se bâtit sur le français écrit.
     2)
La démarche pédagogique de la lecture part du français écrit pour aller au français parlé, ou des lettres aux sons ou prononciations qui leur correspondent.
     3) Les contenus de la méthode de lecture reposent sur le français écrit et sont déterminés par le mode de fonctionnement du cerveau, de la cognition et du français écrit.
     4) Les sciences de la lecture sont principalement les neurosciences, les sciences cognitives et la linguistique.

Les neurosciences étudient les réseaux cérébraux de la construction mentale du corps de la connaissance. Les sciences cognitives étudient les composantes des opérations de la pensée impliquées dans l’élaboration de l’objet de la connaissance. La linguistique fournit le matériel de la connaissance composé des catégories d’unités du français écrit (lettre, syllabe, mot, phrase …).

 

II. Que disent les programmes établis par le Ministère de l’Education nationale en 2006 et 2008 ?

Conformément aux acquis actuels des recherches particulièrement en neurosciences, les instructions officielles précisent :
     1) L’enseignement de la lecture doit être explicite, organisé et progressif.
     2)  L’apprentissage systématique des correspondances entre les lettres et les sons doit être mis en place.
     3) La connaissance de la lecture des lettres, des syllabes et des mots simples doit être acquise à la sortie de l’école maternelle avant le passage en CP.

 

III. Quelle est la nature de la méthode de lecture adaptée aux objectifs ?

La méthode de lecture qui est adaptée aux fonctionnements du cerveau, de la pensée et du français écrit et qui répond aux objectifs assignés aux programmes de 2006 et 2008 par le Ministère de l’Education nationale est la méthode synthétique en termes descriptifs ou méthode linguistique en termes théoriques.

De cette façon, les données scientifiques conduisent au postulat d’une méthode de lecture de nature synthétique ou syllabique ou  "linguistique", caractérisée par une démarche qui part du français écrit pour aller vers le français oral.

 

IV. En quoi la méthode linguistique de lecture diffère-t-elle des autres méthodes ?

Les spécificités de la méthode linguistique de lecture peuvent se résumer :
     1) La méthode linguistique de lecture diffère des autres méthodes de lecture par la conformité au fonctionnement du cerveau qui va du plus simple au plus complexe, des lettes aux textes, de l’image visuelle à l’image sonore ou de la graphie à la phonie.
     2) L’objet du savoir est constitué par les catégories d’unités du français écrit et déterminé par les fonctionnements du cerveau, de la pensée et du français écrit.
     3) La méthode linguistique de lecture diffère complètement des méthodes de lecture aujourd’hui disponibles : alors que c’est les enfants qui doivent s’adapter aux méthodes de lecture, c’est la méthode linguistique de lecture qui est adaptée aux enfants.
     4) La méthode linguistique de lecture se distingue fondamentalement par le fait que, contrairement aux autres méthodes de lecture, elle adapte l’objet de la connaissance aux fonctionnements du cerveau, de la cognition et du français écrit.
     5) La méthode linguistique de lecture se démarque des méthodes de lecture en usage par son caractère réellement explicite, organisé et progressif qui découle d’une meilleure compréhension et application du principe du code alphabétique : la méthode linguistique de lecture effectue un travail gradué sur les propriétés structurelles et fonctionnelles des mots écrits conduisant à la connaissance, par la combinatoire, de la prononciation exacte et sûre des lettres et des syllabes suivant le contexte et la position dans les mots écrits, ce qui permet de déchiffrer ces mots avec efficacité.
     6) Les Livrets de la méthode linguistique de lecture forment un ensemble unifié marqué par les contenus matériels qui présentent de manière explicite et rigoureusement progressive une continuité de l’enseignement entre l’école maternelle et le cours préparatoire (CP).

 

V. Comment fonctionne la méthode linguistique de lecture ?

L’objectif général poursuivi par la méthode linguistique de lecture est une constante des programmes pédagogiques du Ministère de l’Education nationale pour l’école maternelle : assurer la préparation des élèves à la réussite des apprentissages fondamentaux essentiellement en lecture en CP. L’objectif spécifique et primordial à atteindre est d’acquérir les connaissances et les compétences en correspondances entre d’un côté les lettres et les syllabes des mots écrits et, de l’autre, les prononciations correspondantes.

Construite sur les catégories d’unités de la langue française écrite (lettre, syllabe, mot, phrase, texte) associées à la prononciation et au sens, la méthode linguistique de lecture ménage la continuité de l’enseignement entre l’école maternelle et le CP.

Ses Livrets correspondent à une démarche pédagogique explicite organisée et progressive, allant du plus simple au plus complexe et des lettres aux textes conformément aux mécanismes cérébraux et cognitifs. Ils assurent aux enfants la capacité à lire les mots à la sortie de l’école maternelle. Ce faisant, elle s’appuie sur les résultats des recherches scientifiques et sur les programmes définis par le Ministère de l’Education nationale.

 

Dans l’espace de liberté pédagogique ouvert par le Ministère de l’Education nationale en 2005, la méthode linguistique de lecture offre, aux enseignants et aux parents, des outils scientifiquement construits pour assurer aux enfants la meilleure réussite de l’apprentissage de la lecture à l’école maternelle et au cours préparatoire.

La méthode linguistique de lecture proposée à travers des Livrets aux contenus très explicites, organisés et progressifs repose sur trois piliers qui sont les nouveaux programmes pédagogiques nationaux de 2006 et 2008, les produits des recherches scientifiques à disposition et le modèle finlandais d’enseignement de la lecture plébiscité à juste titre au niveau international dans les études menées par l’OCDE depuis une dizaine d’années.

Les Livrets sont destinés surtout aux élèves de l’école maternelle avec pour premier objectif essentiel, en phase avec les nouveaux programmes de 2008, de leur assurer la maîtrise de la lecture des mots simples en grande section.

D’emploi facile, les Livrets sont à utiliser à la fois par les enseignants et les parents, ce qui rend possible la nécessaire collaboration entre eux pour le plus grand succès des élèves, laquelle collaboration est prônée par les programmes du Ministère de l’Education nationale et l’Observatoire national de la lecture.

Ils sont tout indiqués pour le soutien des élèves en difficulté de lecture en CP et en CE1 ainsi que pour les enfants de langue maternelle étrangère.

 

B. Wemague