La méthode syllabique ou la méthode non syllabique :

la vérité scientifique
avec copie à S. Dehaene, A. Giordan, J.-E. Gombert, F. Ramus, R. Goigoux

 


D’après les résultats des études scientifiques de cette dernière décennie, le cerveau dispose d’une région spécifique à la construction de l’apprentissage de la lecture, dénommée la « région de la forme visuelle des mots », qui fonctionne pour la méthode syllabique, mais pas pour la méthode non syllabique. La méthode syllabique, à l’inverse de la méthode non syllabique, met en place une activation du cerveau qui se traduit par la spécialisation de l’aire occipito-temporale visuelle gauche pour les catégories de lettre, syllabe et mot écrits sur lesquelles se bâtit l’apprentissage de la lecture. Ainsi, la méthode syllabique correspond au mécanisme cérébral de la lecture défini par sa localisation au sein de l’hémisphère gauche et plus précisément dans la « région de la forme visuelle des mots » dont la particularité est le traitement d’image visuelle, contrairement à la méthode non syllabique principalement pour ce qui est de sa version orale.

Conformément au fonctionnement du cerveau sur lequel les résultats des travaux scientifiques convergent, le traitement des mots écrits s’opère dans la région de la forme visuelle des mots. La méthode syllabique traite les mots écrits et leurs constituants (les lettres et leurs assemblages) dans la région de la forme visuelle des mots. C’est la région dont les fonctions sont spécialisées pour l’installation des éléments graphiques (les lettres et les syllabes) puis pour l’analyse et la reconnaissance visuelles des mots écrits. La méthode non syllabique, dont en particulier la méthode orale qui traite plutôt les mots oraux (au niveau des sons et de leurs assemblages), n’est pas compatible avec le caractère visuel des stimuli plutôt graphiques propres à la région occipito-temporale visuelle gauche qui est celle de la lecture.

En résumé, la méthode syllabique spécialise des réseaux neuronaux de la région de la forme visuelle des mots pour encoder et reconnaître les lettres, les syllabes et les mots écrits ; la méthode non syllabique s’affranchit des contraintes de spécialisation de circuits cérébraux de la lecture.

 

Le texte scientifique fondateur de la méthode syllabique est tiré des travaux de Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et membre de l’Académie des Sciences. L’auteur pose la méthode syllabique en l’opposant à la méthode non syllabique.

Quel est le verdict de la science face au duel qui oppose les deux orientations pédagogiques de la lecture ? C’est à cette interrogation que l’on se propose de répondre à travers les développements qui vont venir.

 

Le calme qui a suivi les protestations d’une partie du corps enseignant et des chercheurs contre la circulaire « Apprendre à lire » du 3 janvier 2006 du Ministère de l’Education nationale remettant en honneur, de façon exclusive à l’école comme en Finlande, la méthode syllabique, n’est pas le signe que le débat qui oppose celle-ci à la méthode non syllabique est clos.

La situation est restée confuse et la plupart des gens ne savent pas aujourd’hui si c’est le Ministère de l’Education nationale qui a raison ou tort ou les adversaires et, en conséquence, sont sans repères pour se positionner par rapport aux deux approches. La circulaire avait été défendue par le Ministre dans le domaine scolaire mais pas, comme il se devait sur le plan scientifique, par les chercheurs dont les travaux lui avaient servi de sources.

Pour lever toute équivoque, les deux expressions nécessitent quelques précisions terminologiques. Par méthode syllabique, il faut comprendre un outil de lecture construit sur la langue française écrite et partant des lettres pour aller petit à petit au texte ; et, par méthode non syllabique, l’ensemble de tous les outils tels que méthode idéovisuelle, méthode globale, méthode mixte, méthode interactive, méthode intégrative, méthode naturelle, méthode par hypothèses, méthode phonique, méthode phonémique, méthode phonétique, méthode phonologique, méthode graphophonologique, méthode phono-synthétique, et toutes leurs variantes ainsi que tous les supports qui ne se qualifient pas ou se désignent par un nom commun, un nom propre, une expression, un énoncé, une phrase.

 

La définition qui vient d’être fournie de la méthode syllabique s’inspire de la pensée scientifique. En effet, influencée par une conception pédagogique de la lecture centrée sur le langage parlé faisant alors intervenir la phonétique et la phonologie dans son élaboration, la méthode syllabique traditionnelle a évolué vers la méthode orale, non syllabique, pour devenir méthode phonique à côté de méthode phonémique, méthode phonétique, méthode phonologique, méthode graphophonologique. La circulaire du 3 janvier 2006 et le nouveau programme de 2008 n’ont pas échappé à cette influence, pas plus que les chercheurs (dans leur très grande majorité) qui soutiennent la méthode syllabique et c’est là la difficulté : la méthode syllabique n’est pas compatible avec la démarche pédagogique axée sur le langage oral et allant des sons (dits phonèmes) aux lettres, c’est-à-dire une démarche à référence phonétique et phonologique non validée scientifiquement. La méthode syllabique et la méthode non syllabique représentent des approches pédagogiques antagonistes, dont la première est conforme au mode de fonctionnement cérébral contrairement à la seconde.

 

La méthode non syllabique est très fortement dominée par une conception pédagogique ancrée dans le langage oral impliquant une approche qualifiable d’orale donnant méthode orale et ayant pour caractéristique de conduire l’enseignement de la lecture en partant des sons du français issus de l’analyse de ce dernier en constituants phoniques ultimes.

A ce propos, la tendance qui s’est généralisée au cours de la décennie passée en matière d’enseignement de la lecture est l’emploi de méthodes orales, référencées à la langue parlée et fondées sur l’argument simple que l’apprentissage de la lecture peut partir de ce que l’enfant connaît, le français oral, pour aller à la découverte de ce qu’il ignore, le français écrit. Les présupposés théoriques fondamentaux en sont les suivants : 1) L’enfant est natif du français et le parle ; 2) Des correspondances biunivoques existent entre le français oral et écrit. Ces propositions sont discutables en termes notamment de neurosciences et de linguistique. Car il s’agit chez l’enfant de connaissance empirique, qui, au demeurant, n’est pas un facteur déterminant d’apprentissage de la lecture (à preuve, les enfants de langue maternelle différente apprennent à lire et à parler le français à l’étranger …). Par ailleurs, la démarche pédagogique résulte d’une confusion entre la phonétique et la phonologie à travers les notions de son et de phonème perçues comme entités interchangeables. D’autre part, le français parlé et le français écrit ne sont pas superposables ; le mode de fonctionnement du français écrit et la façon d’apprendre ce dernier sont très différents de ceux du français parlé. Mais, surtout, l’idée en question ne résiste pas à l’examen devant le mode de fonctionnement du français écrit et celui du cerveau. Elle est séduisante seulement en apparence. En effet, les mots et leurs unités constitutives qui sont les lettres et les syllabes sont encodés dans la région de la forme visuelle des mots ; or, la méthode non syllabique attire assez peu l’attention de l’enfant sur ces unités fondamentales de construction de la langue écrite au motif qu’elles ne sont pas porteuses de sens. En somme, la méthode non syllabique n’assure pas l’encodage des lettres et des syllabes des mots écrits. Il s’ensuit des difficultés particulières à reconnaître et à prononcer les lettres, les syllabes et les mots dans la lecture et donc l’incapacité d’accéder au sens de ce qui est écrit et lu. La méthode non syllabique permet très difficilement d’automatiser la lecture et, par conséquent, la compréhension de celle-ci et, au-delà, de s’approprier l’orthographe pour autant que son principe fondamental n’est pas en phase avec celui d’organisation et de fonctionnement des mots écrits du français. Voilà pourquoi les qualités dont des scientifiques ont paré l’approche phonologique ne sont pas réelles (1) et c’est à juste titre qu’elle laisse dubitatifs certains d’entre eux comme Stanislas Dehaene. Il en est de même de la méthode mixte qui est sa principale rivale en milieu scolaire. Les deux concurrentes construisent pourtant leur démarche sur la langue orale et la phonologie.

 

C’est la base de données sur laquelle sera instruit le dossier destiné à trancher dans le procès des deux méthodes. Pour ce faire, on prendra appui sur le texte scientifique fondateur de la circulaire « Apprendre à lire » du 3 janvier 2006 du Ministère de l’Education nationale, intitulé « Quelques références scientifiques », qui est plus spécialement l’extrait ci-dessous des travaux de Stanislas Dehaene :

« Les travaux internationaux d’imagerie cérébrale de la lecture ont montré que l’apprentissage de la lecture s’accompagne de la spécialisation progressive d’une région bien définie, qui occupe une localisation reproductible chez tous les lecteurs (français, mais aussi anglais, chinois, japonais). Cette région, que l’on appelle la « région de la forme visuelle des mots », se situe dans la région occipito-temporale gauche, c’est-à-dire une partie du système visuel qui sert également à reconnaître les objets ou les visages. La neuroimagerie suggère que, chez le lecteur expert, les neurones de cette région apprennent progressivement à reconnaître des lettres et des fragments de mots. Une lésion de cette région chez l’adulte rend totalement « alexique », c’est-à-dire incapable de lire. Cette région joue donc un rôle indispensable dans la reconnaissance visuelle des mots : elle vient en amont de régions plus complexes qui récupèrent soit le sens, soit la prononciation des mots (Cohen & Dehaene, 2004). »

 

Voici les observations et les analyses inspirées par ce passage :

1)      Une découverte fondamentale de la recherche scientifique internationale est que l’apprentissage de la lecture entraîne la création d’une aire cérébrale bien déterminée, observable au même endroit chez tous les lecteurs, appelée la « région de la forme visuelle des mots » qui est située dans l’une des deux parties du cerveau dénommée l’hémisphère gauche (par opposition à l’hémisphère droit).

2)      Les membres de la communauté scientifique internationale s’appuient sur l’imagerie des neurones de la lecture et, plus exactement, sur celle de la zone de spécialisation du cerveau baptisée la région de la forme visuelle des mots.

3)      Ils s’accordent sur l’hémisphère gauche, préférentiellement activé par l’apprentissage de la lecture, et, plus précisément, sur la région de la forme visuelle des mots localisée à l’intérieur de l’hémisphère gauche (et plus exactement dans la région occipito-temporale gauche).

4)      Ils s’entendent sur le système visuel (opposé, entre autres, au système auditif ou sonore) dont l’aire occipito-temporale gauche est une partie.

5)      Un autre point capital de convergence est celui qui suit : la région de la forme visuelle des mots se situe en amont des fonctions qui déterminent la prononciation et l’élaboration mentale de la signification de ce qui est écrit.

 

Les analyses donnent lieu aux commentaires qui suivent :

1)      Les concepts de « système visuel », « forme visuelle » et « reconnaissance visuelle » auxquels est rattachée la lecture permettent, d’un point de vue de la méthodologie de la recherche scientifique, d’inférer que la lecture s’adresse par-dessus tout à la langue écrite en tant que système de signes graphiques mobilisant prioritairement la composante sensorielle qui est la vue, d’où la cohérence de son mécanisme de fonctionnement avec celui du cerveau. La plupart des chercheurs n’ont malheureusement pas tiré cette conclusion qui s’impose, pour des raisons précédemment exposées. C’est le système décrit qui est en vigueur en Finlande, lequel est réputé pour son efficience. L’excellence des résultats obtenus par la Finlande y compris en matière d’enseignement de la lecture ne se dément pas, mais force est de constater que peu nombreux sont les chercheurs qui les ont examinés de près, et les premières explications sont à rechercher du côté de la science et de la méthodologie de la recherche scientifique, c’est-à-dire, en somme, de la grille d’analyse scientifique.

2)      Un autre concept-clé est constitué par l’énoncé « les neurones … apprennent progressivement à reconnaître les lettres et les fragments de mots ». Il autorise à postuler que la démarche pédagogique qui part des unités linguistiques les plus simples pour aller par paliers aux plus complexes ou des lettres pour aboutir au texte coïncide avec celle qui est caractéristique de la méthode syllabique validée par le mode de fonctionnement des réseaux neuronaux. Stanislas Dehaene est un des rares scientifiques qui, comme nous-mêmes, défendent cette thèse qui est parfaitement en adéquation avec l’architecture du cerveau.

3)      Dans la mesure où la région de la forme visuelle des mots se trouve avant la région de prononciation des mots et la région d’extraction du sens, le sens dépend du code écrit et l’accès au sens passe par l’accès au code écrit, ce qui implique que la démarche pédagogique de la lecture part du code écrit pour aller vers la prononciation et le sens comme Stanislas Dehaene l’affirme très clairement dans ses travaux, c’est-à-dire de la langue écrite vers la prononciation et le sens associé à celle-ci (2).

 

Pour toutes les considérations qui ont été présentées, le verdict sans appel de la science est prononcé en faveur de la méthode syllabique, celle qui se caractérise par la création d’aires cérébrales qui répondent aux catégories visuelles qui sont les lettres et leurs combinaisons. Elle va graduellement des lettres au texte (en lien avec la prononciation et le sens pour ce qui concerne la méthode linguistique de lecture, cf. http://www.methode-linguistique.com ) en cohérence avec le mécanisme cérébral. Au contraire, la méthode non syllabique, qui n’a pas recours à la région de la forme visuelle des mots, part des textes, des phrases, des mots (oraux), des sons (1), en opposition au fonctionnement cérébral. En dernière instance, les méthodes de lecture se résument au nombre de deux, celle qui est conforme aux contraintes du cerveau et celle qui ne satisfait pas à ces exigences. Cela équivaut à dire qu’il n’existe scientifiquement qu’une méthode de lecture et une seule, à l’image du processus cérébral qui est unique chez tous les sujets lisants. Conçue selon le processus cérébral, la méthode de lecture en l’occurrence la méthode syllabique s’adapte tout naturellement à l’enfant plutôt que l’inverse et produit alors d’excellents résultats comme en Finlande révélés par les études de l’OCDE réalisées de façon comparative à l’échelle internationale sur les connaissances et les compétences des élèves de 15 ans en lecture et en compréhension. L’exemple de la Finlande dont l’ensemble du système d’enseignement emploie une méthode de lecture strictement syllabique mérite d’être suivi comme le font déjà de nombreux pays dans le monde.

Dans la confrontation de la théorie à la pratique, la supériorité de la méthode syllabique à la méthode non syllabique est vérifiée au travers de performances optimales enregistrées par la Finlande dont le système d’enseignement utilise la méthode syllabique.

La supériorité de la méthode syllabique tient, de façon essentielle, à des activités pédagogiques qui débouchent nécessairement sur l’acquisition du principe d’organisation et de fonctionnement des mots écrits correspondant à celui du français écrit et du cerveau. Autrement dit, la méthode syllabique, à la différence de la méthode non syllabique, procède à un encodage, ou une spécialisation des neurones, des lettres et des syllabes des mots écrits, ce qui garantit la capacité à reconnaître et à lire ces mots. Une méthode de lecture dont les activités n’aboutissent pas à la connaissance du principe d’organisation et de fonctionnement des mots écrits est contraire au fonctionnement du cerveau et peu efficace, précisément parce qu’elle n’est pas pertinente du point de vue des neurosciences et de la linguistique (http://www.apprentissage-lecture.com ). C’est le cas de la méthode non syllabique et, par contraste, celui de la méthode syllabique dite méthode linguistique de lecture en termes théoriques.

 

La lecture d’un mot passe par l’apprentissage préalable des lettres et des syllabes du français écrit permettant leur reconnaissance dans les mots (cf. Livret 1a. Lettres de l’alphabet et Livret 1b. Assemblage des lettres), ce qui suppose la spécialisation d’aires cérébrales déterminées pour chaque lettre ou chaque syllabe. Or, les méthodes de lecture n’enseignent pas les lettres et les syllabes sinon très superficiellement sous prétexte qu’elles sont dénuées de sens ; dans ces conditions, comme il fallait s’y attendre, les enfants ont de grandes difficultés à reconnaître et à prononcer les mots ainsi qu’à s’approprier l’orthographe, ou à déchiffrer, et les difficultés sont décuplées du fait que les lettres de transcription du français se prononcent selon le contexte et la position, données décisives non enseignées aux enfants et conséquemment ignorées d’eux.

La question principale posée à la lecture est le déchiffrage rendu particulièrement délicat par les changements de prononciation des lettres dans les mots en fonction du contexte et de la position, bien avant celle de compréhension du sens. La méthode syllabique apporte la solution la plus appropriée à travers la méthode linguistique de lecture et appuyée sur la manière dont fonctionnent le cerveau, la cognition et la langue française écrite telle qu’il ressort des résultats des travaux de neurosciences, de sciences cognitives et de linguistique.

 

Bernard Wemague

 

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(1) Les scientifiques partisans de la méthode orale remplacent son par phonème voire par lettre et parlent alors de démarche « lettre-son » ou « graphie-phonie » (donnant « grapho-phonologique » ou « graphophonologique ») au lieu de « son-lettre », « phonème-lettre », « phonème-son », « phonie-graphie » (donnant « phono-graphème », « phono-graphologique » ou « phonographonologique »), ce qui crée la confusion dans la mesure où l’expression consacrée « les lettres et les sons » et la démarche pédagogique associée « lettre-son » qui a pour synonyme « graphie-phonie » sont employées par la méthode syllabique et reprises par la méthode non syllabique pour désigner indûment des choses complètement différentes. De la même manière, les catégories linguistiques de lettre et de syllabe n’ont pas les mêmes significations dans la méthode orale que dans la méthode syllabique.

En récupérant à la méthode syllabique les expressions telles que « les lettres et les sons », « lettre-son », « graphie-phonie », « les lettres et les syllabes » malgré son incompatibilité avec le mécanisme cérébral, la méthode orale cherche à se légitimer sur la base scientifique à caractère pourtant non oral que constitue la région de la forme visuelle des mots (écrits). En somme, la méthode orale squattérise les fondements scientifiques de la méthode syllabique qui sont la région de la forme visuelle des mots. Ainsi, la méthode orale repose sur des bases scientifiques qui ne sont pas cohérentes.

 

(2) Les méthodes non syllabiques (méthodes globales et méthodes orales et apparentées) ont un autre trait commun qui est de ne pas séparer le code et le sens. Dans leur approche, le code est traité à travers la recherche du sens et le rôle du code devient alors secondaire par rapport à celui du sens ; le sens passe avant le code et, du même coup, le français parlé passe avant le français écrit pourtant concerné au premier chef par l’apprentissage de la lecture (ce qui conduit à la phonétique et à la phonologie dont l’apprentissage de la lecture n’a vraiment pas besoin pour s’édifier …). Au total, la séparation entre les deux domaines est peu marquée dans la démarche pédagogique. Or, ils ne partagent pas la même zone cérébrale, ce qui suggère qu’il convient de les envisager séparément dans l’apprentissage de la lecture ou de ne pas les fusionner. Le fait pour les méthodes non syllabiques de ne pas distinguer les deux composantes linguistiques constitue une des grandes sources de difficultés auxquelles elles sont en butte. Sur ce point, au centre des préoccupations des méthodes orales en matière d’apprentissage de la lecture, comme au centre de toutes les méthodes non syllabiques, se trouve la recherche de la compréhension du sens de textes, et l’on est alors loin des réponses (mots écrits) de la région spécifique à la construction de l’apprentissage de la lecture qui est la région de la forme visuelle des mots.