Méthodes de type syllabique ou méthodes de type global : 
l'arbitrage des écrits d'étudiants

b.wemague@wanadoo.fr
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Les contestations des méthodes de type global s'appuient plus sur l'observation des résultats de l'apprentissage de la lecture que sur la démonstration consistant en raisonnement logique.
Cédons à la tendance en prenant, entre autres arguments forts, un exemple qui permet de trancher entre les deux catégories de méthodes, celui qui procède par une comparaison des copies d'épreuves écrites de jeunes Français et Africains dans les universités et les grandes écoles.

Des témoignages de diverses sources soulignent une différence observable entre les deux groupes d'étudiants. A ce propos, d'après des enseignants, les copies des devoirs ou des épreuves des examens et des concours des étudiants africains sont souvent reconnaissables au style et à l'orthographe ; elles manifestent plus de recherche stylistique et moins de fautes d'orthographe et de grammaire dans l'écriture.

L'explication la plus plausible de cette distribution semble résider dans la méthode d'apprentissage de la lecture, qui est de type syllabique en Afrique et de type global en France.
Sur ce point, les méthodes de type global n'ont pas pu s'exporter en Afrique pour des problèmes essentiellement d'ordre pratique auxquels elles se heurtent ; leur mise en application s'avère particulièrement délicate. En termes d'analyse critique, leur procédure menant de l'oral à l'écrit laisse penser, à tout le moins, qu'il faut parler une langue, en l'occurrence la langue française, avant de l'apprendre à lire, fait démenti notamment par l'exemple des Africains dont il est question, mais aussi des Asiatiques, ... voire des Européens qui rentrent à l'école avec une langue maternelle qui n'est pas forcément le français. Car cela voudrait dire qu'on ne peut pas apprendre à lire de langues étrangères telles l'anglais, l'espagnol, l'allemand, le chinois, le russe, le japonais, l'arabe, le latin, le grec, etc., tant qu'on ne sait pas les parler ! Or, la situation actuelle, qui ne semble pas si mauvaise que cela et d'ailleurs on ne voit pas à cet égard de solution meilleure montre que ce n'est pas le cas. En conséquence, les méthodes de type global sont récusables de ce point de vue.
Dans le même ordre d'idées, autant les méthodes de type global contiennent des facteurs de nullité définitive, autant les méthodes syllabiques comportent des aspects certes critiquables mais perfectibles.
En outre, il est à remarquer que les partisans des méthodes de type global sont presque exclusivement des enseignants qui les pratiquent et, ceux des méthodes de type syllabique, des enseignants et quasiment tous les parents.

Le constat effectué par les enseignants et les courtes analyses que nous en avons faites conduisent à trancher pour les méthodes syllabiques.

Arrêtons-nous quelques instants sur la manière dont les méthodes de type syllabique favorisent, à l'inverse des méthodes de type global, l'acquisition de l'orthographe dont l'alphabet, il convient de l'avoir sans cesse présent à l'esprit, représente un système de signes conventionnels (avec des implications profondes que l'on imagine aisément au plan pédagogique).
C'est, d'une part, la décomposition des mots en unités syllabiques (permettant notamment de mettre en évidence les frontières entre ces unités) et, d'autre part, l'épellation des constituants des unités syllabiques accompagnée de la prononciation à haute voix de chaque unité syllabique qui aboutit à la mémorisation et, à travers elle, à la mémorisation des structures du mot (et de l'orthographe de ce dernier), condition sine qua non de l'aptitude à lire d'un côté et à assimiler l'orthographe des mots de l'autre. De la sorte, au cours du processus pédagogique, les constituants de chaque syllabe sont épelés et la syllabe est prononcée ; les valeurs phonétiques des constituants de chaque syllabe sont ainsi mémorisées suivant le contexte et la position, ce qui est déterminant dans l'apprentissage de la lecture lorsqu'on sait qu'une lettre de l'alphabet change de prononciation selon son environnement et sa position dans le mot (et c'est parce qu'elles ont ignoré ce fait capital que les méthodes de type global sont complètement à côté de la plaque !).
Les méthodes de type global font travailler à reconnaître les mots à leur profil et, les méthodes de type syllabique, à leur structure morphologique. De plus, les méthodes de type syllabique conduisent, pour l'essentiel, à apprendre à lire les unités constitutives des mots de la phrase (c'est un des buts poursuivis justement par les réformes de 2002 du Ministre de l'Éducation nationale) selon le contexte et la position, ce que ne permettent guère les pédagogies de type global et qui provoque la catastrophe dont elles sont à juste titre rendues responsables.

On peut le voir, la différence de démarche est radicalement opposée entre les méthodes de type syllabique et les méthodes de type global ; les rendements obtenus sont tout aussi contrastés et c'est bien logique !

Résumons. Les méthodes de type syllabique conduisent élémentairement et fondamentalement à la maîtrise du code écrit, ce qui est crucial dans la mesure où en dépend la capacité à extraire du sens qui est la finalité ultime de l'entreprise d'apprentissage de la lecture.
Les méthodes de type global ne donnent pas l'occasion de maîtriser le code écrit ; pour cette raison précise, il est très difficile pour l'apprenti-lecteur de construire du sens à partir du code écrit. Voilà pourquoi la plupart des enfants (à l'exception de ceux qui ont un soutien extra-scolaire) ne réussissent pas à lire et à comprendre un texte simple en entrant au collège et sont exposés aux risques d'échecs dans leur scolarité. Ainsi peut-on rendre compte du désastre en lecture et en orthographe.

En définitive, les lettres de l'alphabet de la langue française changent de règles de prononciation en fonction de leur environnement et de leur position dans le mot, état de fait qui doit impérativement être pris en considération par LA MÉTHODE d'apprentissage de la lecture.
Les méthodes de type syllabique relèvent de cette logique ; les méthodes de type global vont à l'encontre de celle-ci et, par là même, commettent l'erreur fatale qui est à l'origine des protestations, de l'hostilité et du rejet dont elles font l'objet.
Leurs résultats quantitatifs et qualitatifs sont aussi opposés que leurs approches respectives de l'apprentissage de la lecture.

Dans leurs témoignages, de nombreux parents soulignent les difficultés d'apprentissage de la lecture de leurs enfants dues à une méthode de type global et d'autres déclarent avoir pris les devants et assuré eux-mêmes l'apprentissage de la lecture aux leurs.
Des témoignages de ce genre sont légion, y compris sur Internet où de nombreux forums y sont consacrés. Plusieurs sites Web les recueillent pour l'information des internautes.
A en croire certains témoignages, les dégâts causés par les méthodes de type global sont réparés dans les cabinets de rééducation orthophonique non pas à l'aide de celles-ci, mais avec les méthodes de type syllabique.



02 février 2004  / 10 février 2004

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