La méthode mixte et la catastrophe en orthographe
Il est encore communément reproché à la méthode mixte d'être à
l'origine d'un désastre orthographique.
| Un constat nous a particulièrement frappé
dans nos rencontres avec les parents qui avaient observé la manière dont leurs
enfants apprenaient à lire ; tous, sans exception aucune, ont été horrifiés
en découvrant une façon de procéder complètement inattendue qui faisait de
la lecture plus un jeu de devinettes qu'autre chose. Ce qui nous a tant surpris n'est pas l'horreur en soi exprimée par les parents face à une approche qui heurte le bon sens commun (tous les parents n'ont pas de compétences scientifiques nécessaires et suffisantes pour juger de la validité de l'approche pédagogique mise en oeuvre et pourtant, leurs critiques sont unanimes !), mais plutôt le caractère de généralité de ce sentiment. |
En effet, outre les difficultés de lecture proprement dite, celles de l'orthographe restent un des aspects principaux par lesquels la méthode mixte prête le flanc à la critique.
La réalité est que l'enfant doit connaître les structures alphabétiques et syllabiques de chaque mot et la règle de prononciation de chaque lettre et de chaque syllabe du mot, sachant que ce dernier peut se présenter de deux façons différentes au moins qui sont, pour un mot comme engagement, e n g a g e m e n t et en ga ge ment . Cette réalité échappe à la méthode mixte comme à la plupart de ses rivales.
Dans la mesure où la méthode mixte, comme quelques autres, procède par la "reconnaissance purement visuelle" des mots, l'enfant éprouve beaucoup de mal à structurer les éléments du système de signes conventionnels représentés par le mot et surtout à observer leurs règles de changements phonétiques qui dépendent du contexte et de la position. Bref, un mot représente des règles phonétiques (avant de dénoter conventionnellement une réalité quelconque qui lui a été arbitrairement associée) et, dans ces conditions, l'on ne peut pas "filmer" ou "photographier" mentalement des règles, c'est-à-dire des entités abstraites.
Comme le principe d'organisation du mot est étranger à l'enfant et comme il ignore les règles de prononciation de ses unités constitutives, l'orthographe ne peut être que très aléatoire et désastreuse.