Méthode linguistique d'apprentissage de la lecture 

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La méthode linguistique de lecture se définit comme une actualisation des méthodes d’apprentissage de la lecture.

La méthode linguistique de lecture, c’est une méthode

Pourquoi méthode " linguistique " ?
Afin de souligner le rôle-pivot de la linguistique dans la forme et le contenu de la méthode d’apprentissage de la lecture, discipline établie en tant que science spécifique des langues humaines et qui, pour cette raison majeure, se doit d’être au centre de tout ce qui touche à la langue tel que l’apprentissage de la lecture et le support corrélatif.

Dans la situation difficile de l’apprentissage de la lecture dominée par les méthodes globales et les méthodes mixtes que l’on sait, deux interrogations pertinentes nous sont légitimement et constamment posées : pourquoi méthode " linguistique " ? Qu’apportez-vous de nouveau ?

La méthode est caractérisée de linguistique

  • pour marquer son appartenance fondamentale à la discipline dénommée linguistique et souligner ainsi sa nature scientifique ;
  • par opposition aux méthodes globales et aux méthodes mixtes inspirées de la psychologie de la forme et demeurées descriptives et empiriques, ce qui les conduit à un " apprentissage global " des structures de la langue écrite ;
  • parce que la méthode mène à la découverte et à l’appropriation discriminative des structures de la langue écrite qui sont des catégories proprement linguistiques.

Les nouveautés apportées sont

  • une méthode actualisée principalement aux avancées de la conception théorique de la science et de la linguistique pendant les dernières dizaines d’années ;
  • une méthode cohérente, organisée, progressive, systématique et complète ;
  • une méthode conforme aux réformes du Ministre de l’Éducation nationale en 2002 et 2003.

Selon une tradition qui s’est établie à partir de deux logiques pédagogiques diamétralement opposées l’une à l’autre au mépris de la rationalité scientifique, on distingue deux grandes classes de méthodes d’apprentissage de la lecture qui sont la méthode analytique et la méthode synthétique.
Au-delà de leurs différences fondamentales dont l’examen n’est pas pertinent au propos, leur trait commun se trouve dans la nature de leurs contenus matériels qui sont des catégories linguistiques, lesquelles sont le sens pour la méthode analytique et les lettres (et leurs combinaisons) pour la méthode synthétique.
Dans la démarche d’apprentissage de la lecture, la méthode analytique s’appuie sur le sens (et procède du sens vers les lettres) et, la méthode synthétique, sur les lettres (et va des lettres vers le sens) ou le code. Ainsi envisagée séparément, chaque classe de méthodes s’avère incomplète, dans la mesure où elle ne met pas en œuvre simultanément l’ensemble des catégories linguistiques qui sont classiquement les lettres, les syllabes, les mots, les phrases et les sens.

Au contraire, la méthode linguistique de lecture rassemble en un tout unifié la méthode analytique et la méthode synthétique en articulant le code avec le sens, ce qui la rend complète.

Parce qu’elle est la branche propre de l’étude des langues naturelles, la linguistique est par là même la mieux adaptée à l’élaboration de la méthode d’apprentissage de la lecture.
Malgré l’importance et à la différence de la psychologie (les notions incontournables telles que "apprentissage ", " acquisition ", " connaissance ", " identification ", " discrimination " en matière de construction du savoir-lire appartiennent au champ de la psychologie moderne) sur laquelle se fondent, de façon quasi-exclusive, les méthodes globales et les méthodes mixtes, elle permet une organisation et une progression de la méthode d’apprentissage de la lecture devenues impossibles à ce jour, ce qui rend les méthodes de lecture inappropriées à la pédagogie d’où leurs extrêmes difficultés par rapport à l’enseignement et à l’apprentissage et les échecs qui en découlent et suscitent d’interminables controverses qui ont donné lieu aux réformes de 2002 et 2003 du Ministre de l’Éducation nationale.

Par son caractère éminemment pédagogique, la méthode linguistique offre le meilleur enseignement et apprentissage de la lecture, prévient et combat intrinsèquement l’illettrisme et favorise fortement l’appropriation de l’orthographe.

Ainsi, à travers la spécification de " linguistique ", la méthode entend marquer le statut théorique et donc scientifique de sa conception en opposition au caractère descriptif et inductif et, par conséquent, empirique de " global ", " mixte ", etc., de celle de ses rivales.

Les méthodes globales et une partie des méthodes mixtes tiennent à l’écart de leur champ conceptuel la linguistique, de là leur totale inadéquation à l’objectif ultime déclaré, le savoir-lire.
Quant aux méthodes mixtes qui n’évacuent pas la linguistique, elles ne sont pas arrivées à incorporer les progrès de cette discipline dans la construction de leurs systèmes.
Plus encore, les méthodes globales et les méthodes mixtes de lecture restent en dehors des développements considérables de la réflexion scientifique de ces dernières décennies, d’où l’exigence de leur actualisation.

Suite à la révolution de la conception théorique de la science survenue au cours des dernières décennies du vingtième siècle, on attend désormais d’une contribution qui fait valoir des fondements à caractère scientifique sur un thème quelconque qu’elle inscrive sa démarche dans cette vision nouvelle.

Pareille approche permet d’éviter les débats les plus contradictoires et sans issue auxquels on assiste dans les domaines les plus divers.

A défaut de toute référence scientifique explicite – ce qui suppose a contrario une information quant à l’évolution de la pensée et de la connaissance scientifiques -, le discours du scientifique n’est guère différent de celui du charlatan qui est muré dans ses croyances ni du politicien qui assène défendre ses " convictions " comme si elles étaient infaillibles. De nos jours, femmes et hommes politiques fondent leurs propos et leurs actes sur des " convictions " plutôt que sur la science ; cela changera.

Luc Ferry, alors Ministre de l’Éducation nationale, avait parlé, au sujet de son projet de réformes, de " refondation " et de " changement de cap radical " du système éducatif. Derrière ses termes forts qui reflètent le contexte général des transformations radicales qui ont marqué la société depuis quelques décennies transparaît la révolution de la science intervenue presque au cours de la même période.

En somme, une très profonde mutation s’est produite, à l’image de celle que la société elle-même traverse depuis une vingtaine d’années. Les apports, dans tous les domaines, ne sauraient ignorer cette nouvelle donne.

La finalité immédiate communément admise à juste titre de l’apprentissage de la lecture est, comme cela a été signalé plus haut en passant, le savoir-lire, c’est-à-dire l’aptitude à construire des significations sur la base d’un système symbolique, ou de ce qui est écrit et se désigne du terme de " code ".
Le résultat repose sur deux ordres de principes pédagogiques classiques impliqués, dans le cas présent, par la nature et le fonctionnement des langues humaines en l’espèce de la langue française. En voici le premier : connaître les lettres de l’alphabet, savoir analyser les mots en unités syllabiques et connaître les valeurs phonétiques des lettres de l’alphabet dans les mots. Le dernier en est le suivant : la méthode doit être organisée ; la méthode doit être progressive.

En définitive, cinq conditions au moins s’avèrent indispensables à l’habileté à lire et peuvent se résumer :

  1. Faire connaître aux enfants les lettres de l’alphabet.
  2. Permettre aux enfants de savoir analyser les mots de l’énoncé ou de la phrase en constituants syllabiques.
  3. Faire connaître aux enfants les valeurs phonétiques des lettres de l’alphabet dans les mots.
  4. Mettre en œuvre une méthode parfaitement structurée.
  5. Mettre en œuvre une méthode rigoureusement progressive.

Les manuels de la méthode linguistique de lecture que nous avons rédigés à l’usage des parents d’enfants d’âge préscolaire et des enseignants d’école maternelle voire des orthophonistes répondent à ces exigences impératives auxquelles conduisent par ailleurs les réformes de 2002 et 2003 du Ministre de l’Éducation nationale pourvu que le modèle d’approche soit d’une rigueur et d’une cohérence sans faille et, par-dessus tout, sous-tendu par la conception théorique contemporaine de l’étude de la pensée et de la connaissance scientifiques.

 

16 mars 2004   /  27 avril 2004

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