Meilleures performances des élèves finlandais en lecture
Les excellents scores réalisés en lecture et en compréhension de textes par les élèves finlandais dans les enquêtes internationales menées par l’OCDE ne sauraient laisser indifférent aucun spécialiste de la recherche scientifique et pédagogique sur la lecture, d’autant qu’ils inspirent de plus en plus de systèmes d’enseignement dans le monde.
En conséquence, ils méritent une étude attentive de la part des scientifiques spécialisés en matière de recherche pédagogique dans le secteur. Le point de vue exprimé ici s’intéresse à cette dimension.
En termes de comparaison, le finnois a un atout majeur, la transcription phonologique de son système orthographique, opposé à un grand désavantage du français privé à l’heure actuelle de transcription phonologique.
La notation phonologique facilite énormément l’apprentissage du finnois alors que le manque de notation phonologique complique beaucoup celui du français.
Toutefois, en tant que langues humaines, le finnois et le français présentent des propriétés rigoureusement identiques au niveau de la nature et du fonctionnement : pour faire bref, les mots écrits reposent sur deux catégories d’unités de base de formation qui sont les lettres et les syllabes, lesquelles constituent des prérequis indispensables de l’apprentissage de la lecture et, à ce titre, doivent être bien apprises et connues par les élèves, ce qui met en jeu la combinatoire conduisant à la connaissance, à la reconnaissance et à l’identification des mots écrits qui représentent l’étape décisive du processus d’apprentissage de la lecture, la capacité à lire les mots écrits et à en comprendre les sens.
Cela étant, une différence de taille est à relever : le finnois a une lettre par son et un son pour chaque lettre ; le français, quant à lui, a une lettre prononcée selon le contexte et la position et plusieurs notations graphiques distinctes pour chaque unité phonique.
De plus, au cours de la lecture par les élèves finnois, l’attention n’est pas affectée par des difficultés d’orthographe induisant celles de déchiffrage ; elle est orientée uniquement vers l’extraction du sens, en raison de la régularité ou transparence de l’orthographe impliquant la facilité de mémorisation de celle-ci.
Dans le même ordre d’idées, la méthode de lecture impliquée par le finnois centre l’activité pédagogique sur l’écrit suivant les contraintes des fonctions cérébrales tandis que le français la centre plutôt sur l’oral pour des raisons non justifiables ni sous un angle scientifique ni en termes de résultats scolaires. Ce faisant, le finnois procède de ce qui est écrit et vu vers la prononciation correspondante contrairement au français qui procède de ce qui est prononcé et entendu vers les notations associées. En outre, le finnois part du plus simple pour aller au plus complexe pendant que le français suit le chemin inverse. En somme, le finnois utilise une méthode synthétique et, le français, une méthode non synthétique. La première s’adapte beaucoup mieux que la seconde à la nature et au mode de fonctionnement de la langue, du cerveau et de la cognition.
La méthode linguistique de lecture est une méthode qui est déterminée par les fonctionnements de la langue, du cerveau et des mécanismes de l’apprentissage.
Le modèle pédagogique finnois de la lecture est construit sur les lettres et les syllabes des mots écrits délaissées par le modèle français.
La différence entre les résultats respectifs permet d’établir une comparaison entre les deux modèles pédagogiques qui est très nettement à l’avantage du modèle finlandais. Les résultats ont conduit des Ministres français de l’Education nationale, comme ceux d’autres pays, à se rendre en Finlande dans le but de mieux s’en informer et s’en inspirer, d’où la circulaire « Apprendre à lire » du 3 janvier 2006 qui recommande le retour à la méthode synthétique ou syllabique à l’exemple des dispositions analogues déjà prises par de nombreux pays européens pour leur système scolaire (1).
Sur les bases scientifiques ci-dessus, la méthode de lecture débouche nécessairement et directement sur la maîtrise du principe d’organisation et de fonctionnement des mots écrits de la langue.
C’est le résultat obtenu par le modèle pédagogique finlandais de lecture, mais non par le modèle pédagogique français, de là une différence très significative de performances des élèves en lecture et en compréhension de textes chez les élèves des deux systèmes d’enseignement.
Ainsi, fondée sur les résultats scolaires en lecture en Finlande et en France, la comparaison entre la méthode syllabique et la méthode non syllabique valide la méthode syllabique. La validation de la méthode syllabique est établie par la recherche particulièrement en neurosciences.
Bernard Wemague
2 juillet 2009
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(1) Les remous suscités par les instructions officielles de réintroduire la méthode synthétique ou syllabique dans les établissements scolaires n’ont pas pris en considération les acquis actuels des recherches scientifiques en neurosciences, en sciences cognitives et en linguistique générale et conséquemment la manière dont fonctionnent le cerveau par rapport à l’activité d’apprentissage de la lecture, les processus mentaux mobilisés dans l’apprentissage de la lecture, le langage écrit en l’occurrence la langue française écrite, en s’appuyant bien entendu sur la science et la méthodologie de la recherche scientifique.