Monsieur le Doyen de l’Inspection Générale

de l’Education Nationale

107, Rue de Grenelle

75007  PARIS

 

 

Monsieur le Doyen,

 

Par correspondance en date du 7 novembre 2008, Monsieur le Ministre de l’Education nationale Xavier DARCOS m’a informé qu’il vous a fait transmettre le dossier concernant les résultats de mes travaux sur l’enseignement de la lecture que je lui ai communiqués à toutes fins utiles.

Je me permets de vous adresser sous le présent pli, en complément du dossier en question, un deuxième courrier que je lui ai envoyé.

 

En filigrane des deux courriers se trouve une méthode de lecture issue des résultats de mes travaux dans le domaine, laquelle est qualifiée par commodité en termes théoriques de « linguistique » équivalant à la conception descriptive traditionnelle de « syllabique » ou « alphabétique ».

La méthode linguistique de lecture est une méthode syllabique dont la spécificité est d’être adaptée

- au principe de fonctionnement du cerveau des élèves ;

- aux mécanismes mentaux de l’apprentissage appliqué à l’éducation ;

- au mode de fonctionnement de la langue française.

Elle est conçue à la lumière des acquis actuels de la recherche sur l’apprentissage de la lecture en neurosciences, en sciences cognitives et en linguistique générale appliquée en particulier au français, ainsi que de l’émergence de la science et de la méthodologie de la recherche scientifique postmodernes.

La méthode syllabique est une méthode de lecture qui, conformément au fonctionnement cérébral et cognitif, procède, dans un ordre rigoureusement croissant de complexité, de la graphie à la phonie ou des lettres à leurs prononciations suivant le contexte et la position dans les syllabes des mots écrits du français.

La preuve probante de l’efficacité de la méthode syllabique ainsi définie est apportée par le système scolaire de la Finlande dont les élèves réalisent les plus grandes performances dans les études comparatives d’évaluations internationales de l’OCDE notamment en lecture et en compréhension de textes.

 

Inspirés par l’excellence des résultats du modèle finlandais, de nombreux pays de l’OCDE dont la France en 2006 ont réintroduit la méthode syllabique dans l’enseignement de la lecture.

La loi française de 2005 relative à la liberté pédagogique autorise implicitement l’enseignement de la lecture par la méthode syllabique.

 

L’objet du propos découle d’une réflexion de fond sur la recherche de la solution pertinente au problème auquel confronte l’enseignement de la lecture depuis plusieurs décennies et, par-delà, l’enseignement primaire dont le succès est étroitement dépendant de celui de la lecture.

Dans les débats souvent passionnés autour de la méthode globale et de la méthode syllabique sans oublier la méthode orale qui se disputent le champ pédagogique de la lecture, le programme de 2002 fournit des arguments qui permettent de soutenir les unes autant que les autres. Toutefois, seule la méthode syllabique s’avère défendable d’un point de vue scientifique et, en particulier, du point de vue épistémologique, ce qui explique et légitime la circulaire de 2006 de l’Education nationale recommandant la méthode syllabique et également prenant modèle sur les performances tout à fait remarquables du système scolaire finlandais qui pratique une méthode authentiquement syllabique.

Mon site Internet http://www.apprentissage-lecture.com , qui rassemble un certain nombre d’articles fondamentaux sur la lecture, est né de la découverte de l’existence des points forts spécialement du programme de 2002 de l’Education nationale qui peuvent permettre d’élaborer une méthode de lecture à contenu syllabique scientifiquement fondé dont le rendement est meilleur que ceux des méthodes actuelles.

 

La méthode linguistique de lecture provenant de mes travaux est une méthode syllabique ou alphabétique.

D’intéressantes et importantes ressources pédagogiques sont proposées aux enseignants sur le site indiqué ci-dessus. Au-delà du programme national de 2008, dans la pensée pédagogique qui sous-tend la méthode linguistique de lecture, le projet de la méthode est que les élèves acquièrent la capacité de lire les mots écrits à la fin de la grande section et, en tout état de cause, avant de commencer les apprentissages fondamentaux en CP.

Cette connaissance et cette compétence allègent et facilitent considérablement le travail des élèves en CP en même temps qu’elles conditionnent fondamentalement leur réussite scolaire.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Doyen, l’expression de ma très grande considération.

 

 

 

B. WEMAGUE

 

 

 

 

Note : Une version légèrement modifiée du texte de ce courrier a été envoyée au Directeur Général de l’Enseignement Primaire auquel le Ministre de l’Education nationale a également fait transmettre le document dont il s’est agi et qui a pour titre « Les fondamentaux du contenu épistémologique de la lecture ».