Les résultats comparatifs de l’enseignement de la lecture
en France et en Finlande


 

Les études de l’OCDE à l’échelle internationale font apparaître une grande différence de performances entre la France et la Finlande en matière de résultats de l’enseignement de la lecture, que l’on peut expliquer très schématiquement comme dans les paragraphes ci-dessous.

 

La Finlande enregistre des scores d’excellence du fait de l’emploi d’une méthode de lecture en cohérence avec le mode de transcription du finnois, les mécanismes du cerveau et les processus de la pensée chez les enfants.

La France obtient des performances mitigées parce qu’elle utilise des méthodes de lecture

-         peu compatibles avec le mode de notation et de fonctionnement du français : dans l’approche pédagogique adoptée, au vu de la nature et du mode de fonctionnement des langues humaines, la transmission de l’objet de la connaissance ne commence pas, comme il se doit, par les lettres de l’alphabet en tant que telles. L’immense majorité des méthodes d’enseignement de la lecture offre des contenus à caractère phonologique alors que le français est une langue à système d’écriture non phonologique. Les lettres de transcription du français se prononcent selon le contexte et la position dans les syllabes des mots écrits et pourtant cet aspect capital n’est pris en considération ni dans les théories ni dans les pratiques pédagogiques.

-         peu adaptées aux mécanismes du cerveau et aux processus de la pensée chez les enfants : la conception des contenus pédagogiques de la lecture n’est que très partiellement en adéquation avec le mode de fonctionnement de la langue en l’espèce le français écrit, des structures du cerveau et des mécanismes de l’apprentissage appliqué à l’éducation.

 

Les difficultés dont font état de nombreuses publications telles que Lire au CP (2003), Conférence de consensus du PIREF – Rapport de jury – 2003, Rapport N° 2006-083 novembre 2006, ainsi que les résultats insuffisants de l’apprentissage de la lecture qui sont à l’origine de ces publications, illustrent la situation préoccupante de la France qui est décrite.

 

De plus en plus de méthodes de lecture pratiquées en France depuis une dizaine d’années sont des méthodes orales, qui reposent sur deux arguments faibles et contestables, à savoir que l’enfant connaît les sons du français étant donné qu’il le parle et que la mise en place de la langue orale est antérieure à celle de la langue écrite. Au demeurant, l’exemple de la Finlande constitue en soi un contre-argument de taille à ces hypothèses ; en effet, le statut de sujet parlant n’est pas pris en compte dans la conception didactique, pas plus que la relation d’antériorité entre la langue orale et la langue écrite, et cela ne révèle pas d’impact négatif sur le rendement final.
Une méthode de lecture se définit par ses contenus matériels et les fondements scientifiques sous-jacents, c’est-à-dire, plus précisément, par les catégories d’unités de la langue écrite et le mode de fonctionnement du cerveau, de la cognition et de la langue écrite ; c’est pourquoi, interrogées sur leur objet de la connaissance et les bases scientifiques qui le sous-tendent, les méthodes de lecture auraient bien de la peine à justifier les réponses apportées.
La méthode de lecture véritable se caractérise par l’objet de la connaissance fondé principalement sur les catégories d’unités de la langue écrite et sur le mode de fonctionnement des structures du cerveau, des processus de la pensée, de l’organisation de la langue écrite. C’est ce que démontre la Finlande à travers ses résultats réputés excellents en pédagogie de la lecture.

 

Comparée à la Finlande, la France est confrontée à de sérieux problèmes d’enseignement de la lecture qui ont des répercussions sur l’ensemble de son système éducatif, ce qui paraît logique. La qualité de l’apprentissage de la lecture détermine le succès ou l’échec de la scolarité. L’exemple de la Finlande montre que la France doit changer radicalement de méthodes d’enseignement de la lecture afin de résoudre efficacement les problèmes scolaires qui se posent à elle.

A la différence de la Finlande qui ne dispose que d’une méthode de lecture qui est la méthode syllabique, la France doit faire face à de nombreuses méthodes dont l’efficacité n’est pas satisfaisante et qui ont conduit le ministère de l’Education nationale à promouvoir, sous l’inspiration du modèle finlandais, la circulaire du 3 janvier 2006 qui recommande un enseignement de la lecture par la méthode syllabique. Il reste à convaincre les enseignants de mettre en œuvre la méthode syllabique préconisée par le ministère de l’Education nationale depuis 2006 mais établie sur les bases des fonctionnements du français écrit, du cerveau et des mécanismes de la cognition. C’est cette méthode syllabique validée au plan scientifique et pédagogique qui est appelée méthode linguistique de lecture.

Les difficultés de l’enseignement de la lecture en France ne sont ni une fatalité ni inéluctables. C’est, à la base, des difficultés de déchiffrage des mots écrits, dues à des fondements scientifiques discutables.
Pour les résoudre avec efficience, il faut élaborer les contenus pédagogiques de la lecture sur les fonctionnements du français écrit, des structures cérébrales et des processus cognitifs.

 

La méthode linguistique de lecture diffère de l’apprentissage de la lecture actuel par son objet de la connaissance profondément explicite et extrêmement articulé et gradué qui résulte d’une meilleure compréhension et application du principe du code alphabétique étayé sur les fonctionnements du cerveau, de la cognition et du français écrit. Par rapport à cette dernière composante, la méthode linguistique de lecture s’attache à un travail sur les propriétés structurelles et fonctionnelles des mots écrits menant à la connaissance, à travers la combinatoire, de la prononciation des lettres et des syllabes selon le contexte et la position dans les mots écrits, laquelle connaissance permet de déchiffrer ces mots.

Par contraste, les méthodes de lecture ne sont que très partiellement explicites, organisées et graduées. En matière d’apprentissage de la lecture, le concept d’explicite implique celui de combinatoire qui, elle, suppose une organisation et une graduation irréprochables ; or, les méthodes de lecture ne pratiquent pas la combinatoire et dans les cas d’exception, elle reste très rudimentaire.

 

L’essentiel du propos peut se résumer en des termes qui suivent.
Le finnois est une langue à représentation phonologique qui prévoit une lettre par son et un son pour chaque lettre et, pour ces raisons précises, ne soulève pas de problème particulier de prononciation.

Le français est une langue à représentation non phonologique dont chaque lettre se prononce en fonction du contexte et de la position, dimension cruciale qui n’est pas intégrée dans les conceptions et les constructions des méthodes de lecture et induit inévitablement des résultats en demi-teinte de l’apprentissage de la lecture.

Dans tous les cas, la nature et le mode de fonctionnement des langues humaines et du cerveau imposent à la méthode de lecture la combinatoire caractérisée par une démarche pédagogique rigoureusement articulée et progressive qui procède, à l’inverse des méthodes de lecture en vigueur, de la langue écrite vers la langue orale, d’où Livret 1b. Assemblage des lettres et Apprendre à lire en CP de la méthode linguistique de lecture (cf. site http://www.methode-linguistique.com).

 

Bernard Wemague

26 juillet 2009