Les concepts de son-lettre et lettre-son

 

 

Les formes de présentation son-lettre et/ou lettre-son ne sont pas dénuées d’intérêt théorique et pratique en matière d’enseignement et d’apprentissage de la lecture.

 

Dans le schéma son-lettre, il y a le postulat implicite d’une orientation phonologique, c’est-à-dire d’une démarche d’enseignement et d’apprentissage qui part de la langue parlée pour aller vers la langue écrite et donc de la phonie vers la graphie.

 

A l’inverse, dans le schéma lettre-son, il y a le postulat implicite d’une orientation alphabétique, c’est-à-dire d’une démarche d’enseignement et d’apprentissage qui part de la langue écrite pour aller vers la langue parlée et donc de la graphie vers la phonie.

 

Il s’ensuit que les deux expressions ne sont pas interchangeables. D’ailleurs, au contraire du postulat du concept de lettre-son, le postulat du concept de son-lettre n’est pas validé scientifiquement.

Dans le même ordre d’idées, à la différence de l’approche à caractère alphabétique, l’approche d’inspiration phonologique ne permet pas d’élaborer un contenu de l’enseignement et de l’apprentissage explicite, structuré et progressif de la lecture. De plus, la procédure qui conduit de la langue orale à la langue écrite se révèle incompatible avec la combinatoire, noyau central du contenu de l’enseignement et de l’apprentissage de la lecture. Voilà pourquoi les méthodes de lecture à référence phonologique ne comportent pas généralement d’enseignement ni d’apprentissage spécifiques de la combinatoire ; les méthodes de lecture telles que les méthodes dites phonémiques qui revendiquent un caractère à la fois phonologique et alphabétique se trouvent dans une position dont la cohérence n’est pas facile à défendre.

 

En conséquence, on se trompe lorsqu’on emploie indistinctement les concepts de son-lettre et lettre-son, c’est-à-dire quand on les utilise comme des termes équivalents et intersubstituables. C’est donc une confusion que les résultats actuels de la recherche scientifique commandent d’éviter.

 

Bernard Wemague

Avril 2008