Les bases élémentaires de la lecture
 

 

Les bases élémentaires et essentielles de l’apprentissage de la lecture sont l’ensemble des connaissances indispensables sans l’acquisition préalable desquelles la lecture ne saurait être maîtrisée au vu de la nature et du mode de fonctionnement du cerveau, de la pensée et du langage.

Dans une mise en perspective, une question légitime est de savoir quelles sont les toutes premières connaissances indispensables des méthodes actuelles par rapport à la construction de l’apprentissage de la lecture. Une tentative de réponse nécessite d’en distinguer deux grands types qui sont les méthodes synthétiques et les méthodes non synthétiques.

 

Les méthodes non synthétiques, dont les principales sous-catégories sont les méthodes globales et assimilées et les méthodes orales et apparentées, n’offrent pas de facilité de réponse.

Très brièvement, les méthodes globales et assimilées (méthodes idéovisuelles, méthodes semi-globales ou méthodes mixtes, méthodes interactives, méthodes intégratives, méthodes naturelles …) et les méthodes orales et apparentées (méthodes phonétiques, méthodes phonologiques, méthodes phonémiques, méthodes phoniques …) reposent leurs conceptions et leurs constructions essentiellement sur les textes, les phrases et les mots entiers pour les premières et sur les sons ou phonèmes et les graphèmes pour les dernières.

En résumant, le défaut commun aux méthodes de lecture est un manque de compatibilité optimisée avec le fonctionnement du cerveau, de la pensée et du langage.

 

Les méthodes synthétiques, délibérément confinées ici à la méthode linguistique de lecture qui est en phase optimale avec le fonctionnement du cerveau, de la pensée et du langage, présentent une situation relativement aisée à cerner.

Les bases élémentaires et essentielles de l’apprentissage de la lecture sont construites au moyen des lettres, des syllabes, des mots décomposés et des significations hors contexte ou des sens en contexte.

L’opération d’apprentissage se déroule dans le cadre de la combinatoire qui s’appuie sur le principe alphabétique réactualisé par rapport au langage écrit consistant en travail de mise en place des correspondances entre, d’une part, les lettres et leurs associations ou syllabes et, d’autre part, les prononciations corrélatives en liaison avec le sens des mots écrits et lus ainsi qu’on peut le voir dans Livret 1b. Assemblage des lettres. Sur ce point, les bases élémentaires de la méthode de lecture sont constituées par les contenus de Livret 1a. Lettres de l’alphabet et Livret 1b. Assemblage des lettres destinés principalement aux enfants de grande section de l’école maternelle. Elles sont complétées à ce niveau de scolarité par les autres Livrets de la série. L’ensemble des Livrets de la série mettent en évidence, à travers leurs titres (cf. site http://www.methodelecture.net), les données de ces bases essentielles de la lecture.

La méthode linguistique de lecture se différencie profondément par une combinatoire explicite et systématique, laquelle conduit directement à l’identification des mots écrits induisant l’acquisition de l’orthographe en passant par la compréhension ... Au contraire, l’absence de combinatoire est un défaut caractéristique de la quasi-totalité des méthodes de lecture, parce qu’elle aboutit à une reconnaissance pénible des mots écrits et entraîne des problèmes de déchiffrage, de compréhension, d’orthographe, d’illettrisme, de dyslexie.

La méthode linguistique focalise l’apprentissage sur la langue écrite telle qu’elle se code et se prononce ici et maintenant et non pas telle qu’elle aurait dû être transcrite (si elle ne l’avait pas été déjà).

Les atouts-maîtres de la méthode linguistique de lecture sont les suivants :

1)       Conformité avec le fonctionnement du cerveau, de la pensée et du langage.

2)       Contenu pédagogique rigoureusement organisé et progressif (à l’image de l’ordre de succession et de la   cohérence des titres des Livrets).

3)       Remédiation aux problèmes de déchiffrage, de compréhension, d’orthographe, d’illettrisme, de dyslexie.

Dans le même registre, la méthode linguistique de lecture préconise l’emploi de manuels au contenu matériel structuré sur des conceptions scientifiques et pédagogiques cohérentes à la place d’albums confectionnés par les enseignants grâce à des données provenant souvent de livres dont les conceptions de contenus pédagogiques ne sont pas homogènes. Les résultats incontestés obtenus par les parents qui utilisent un manuel pour faire apprendre à lire à leur enfant montrent qu’il est plus efficace de faire apprendre à lire avec un manuel qu’avec un album.

A la différence de la méthode linguistique, les méthodes de lecture ont des bases de conceptions et de constructions qui ne sont pas pertinentes, et cette déficience les confronte à des difficultés marquées par les résultats scolaires en lecture qui n’ont pas fini d’alimenter les débats et d’engendrer les réformes des programmes d’enseignement.

 

De ces courtes considérations, on peut conclure ce qui suit.
Les bases élémentaires et fondamentales de la lecture doivent conférer la capacité à lire les mots. En conséquence, un enfant qui a acquis les bases élémentaires et essentielles de la lecture sait lire les mots. Dès lors, l’accès à la maîtrise de la lecture est proche.

L’absence scientifiquement justifiée de la phonologie dans la conception pédagogique de la lecture réduit très nettement les difficultés d’apprentissage et permet de centrer le travail sur les connaissances utiles à l’acquisition de la compétence de lecture. Dans ce cas, à la théorie de conscience phonologique (à connotation restrictive et partielle, par rapport à une langue particulière telle que le français) se substitue la théorie de conscience alphabétique (à connotation large et générale, par référence à l’Alphabet phonétique international) qui, sous le prisme de la neuroscience, s’applique autant aux langues à système de transcription phonologique qu’aux langues à système de transcription non phonologique. L’apprentissage est très rigoureux et, le résultat, solide.

La qualité potentiellement optimale de la méthode de lecture s’évalue principalement à travers ses bases élémentaires et fondamentales.

 

Bernard Wemague

26 mars 2010