Le « B-A, BA » et le modèle pédagogique explicite
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Le découpage syllabique classique des mots Le
principe de découpage syllabique traditionnel correspond implicitement
à la possibilité de formuler les règles de prononciation des
syllabes des mots. |
Dans la littérature pédagogique de la lecture, « B-A, BA » est le
symbole de la combinatoire définie comme le processus d’association d’éléments
graphiques simples dénommés lettres pour former des éléments graphiques
complexes appelés syllabes en l’espèce les syllabes des mots de la langue
française.
Comme dans toutes les formules de type logique, derrière
la représentation « B-A, BA » se trouve une règle générale.
Celle de prononciation. Ou règle
phonétique.
Dans la manière habituelle de lire, la règle est implicite et donne « bé
– a, ba » (1). Un fort raccourci !
La règle explicite en est la suivante : La consonne B et la voyelle A,
associées dans cet ordre strict, donnent la syllabe BA prononcée « ba ».
Plus simplement : La consonne B suivie de la voyelle A donne la syllabe BA
prononcée « ba ». Cette énonciation suppose que l’enfant sait
distinguer les notions de consonne, voyelle, syllabe ainsi
que celle de position (car B-A et A-B ne sont des équivalences ni
graphiques ni phonétiques). La distinction entre ces diverses catégories
facilite l’énonciation claire et précise des règles générales de
prononciation sur lesquelles doit se construire la méthode d’apprentissage de
la lecture.
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Secret du succès de la méthode Boscher La méthode
Boscher incarne le « B-A, BA » de la méthode syllabique de
lecture.
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Bernard WEMAGUE
Avril 2007
(1)
La lettre-consonne b a pour nom « bé » dans le système de
lettres de l’alphabet et pour son « be » dans le lexique.
Dans le premier cas, on parle de « nom » et, dans le dernier, de
« son ». Ainsi, une lettre de l’alphabet a un nom et un son,
c’est-à-dire la manière d’être désignée et la façon d’être prononcée.
Les détracteurs de la méthode syllabique lui font grief notamment de la
difficulté de passer du nom, « bé » par exemple, au lexique ou aux
mots ; or, la question reste posée lorsqu’on fait apprendre les « sons »
indûment confondus avec « phonèmes » et passe au lexique.
Il s’agit là toutefois d’un inconvénient mineur si l’on en juge par les
résultats finaux de l’apprentissage de la lecture y compris dans une langue
comme le grec où le décalage est total entre le nom et le son des lettres de
l’alphabet, phénomène observable également dans la plupart des langues à
système d’écriture non phonétique ou non phonologique. C’est parce
qu’une langue est un système de signes conventionnels qui repose sur un système
de règles implicites. Le problème de fond est alors celui d’explicitation et
de construction des règles, que s’est attachée à résoudre la méthode
linguistique de lecture sur la base du renouvellement théorique contemporain de
la linguistique en tant que science du langage et des langues qui, de ce fait,
est concernée au premier chef par la pédagogie de la lecture.