Le "B-A, BA" et le modèle pédagogique explicite
Il y a un profond déficit d'explicite des méthodes de
lecture.
Pour le découvrir, on peut lire, par comparaison, les développements
présentés dans l'avant-propos et l'introduction de Livret 1a. Lettres de
l'alphabet présenté sur le site http://www.methode-linguistique.com
.
Le "B-A, BA" est un indice du modèle pédagogique explicite.
En termes de transmission des connaissances en matière pédagogique, un
savoir explicite est un savoir à contenu clair et précis, formulé de la
manière la plus simple et la plus générale à
des fins de mémorisation aussi facile que possible par l'élève.
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Le découpage syllabique classique des mots Le
principe de découpage syllabique traditionnel correspond implicitement
à la possibilité de formuler les règles de prononciation des
syllabes des mots. |
Dans la littérature pédagogique de la lecture, "B-A, BA" est le
symbole de la combinatoire définie comme le processus d’association d’éléments
graphiques simples dénommés lettres pour former des éléments graphiques
complexes appelés syllabes en l’espèce les syllabes des mots de la langue
française.
Comme dans toutes les formules de type logique, derrière
la représentation "B-A, BA" se trouve une règle générale, celle de prononciation,
ou règle de réalisation phonétique.
Dans la manière habituelle de lire, la règle est implicite et donne "bé
– a, ba" (2). Un fort raccourci !
La règle explicite en est la suivante : La consonne B et la voyelle A,
associées dans cet ordre strict, donnent la syllabe BA prononcée "ba".
Plus simplement : La consonne B suivie de la voyelle A donne la syllabe BA
prononcée "ba". Cette énonciation suppose que l’enfant sait
distinguer les notions de consonne, voyelle, syllabe ainsi
que celle de position (car B-A et A-B ne sont des équivalences ni
graphiques ni phonétiques ni phonologiques). La distinction entre ces diverses catégories
facilite l’énonciation claire et précise des règles générales de
prononciation sur lesquelles doit se construire la méthode d’apprentissage de
la lecture (3).
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Secret du succès de la méthode Boscher La méthode
Boscher incarne le "B-A, BA" de la méthode syllabique de
lecture.
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Bernard WEMAGUE
Avril 2007
(1)
Il y a lieu de signaler au passage une difficulté de l'opération. Sous l’inspiration de la phonologie et à l’encontre du modèle
standard utilisé en dictée par les enseignants dès l’école élémentaire,
les méthodes de lecture qui pratiquent le découpage syllabique ont un
problème de cohérence au niveau de certaines doubles consonnes dont les
constituants sont tantôt séparés tantôt non séparés sans motif légitime,
ce qui est susceptible de troubler les enfants.
(2)
La lettre-consonne b a pour nom « bé » dans le système de
lettres de l’alphabet traditionnel et pour son « be » dans le lexique.
Dans le premier cas, on parle de « nom » et, dans le dernier, de
« son ». Ainsi, une lettre de l’alphabet a un nom et un son,
c’est-à-dire la manière d’être désignée et la façon d’être prononcée.
Les détracteurs de la méthode syllabique lui font grief notamment de la
difficulté de passer du nom, « bé » par exemple, au lexique ou aux
mots ; or, la question reste posée lorsqu’on fait apprendre les « sons »
indûment confondus avec « phonèmes » et passe au lexique.
Il s’agit là toutefois d’un inconvénient relativement mineur si l’on en juge par les
résultats finaux de l’apprentissage de la lecture y compris dans une langue
comme le grec où le décalage est total entre le nom et le son des lettres de
l’alphabet, phénomène observable également dans la plupart des langues à
système d’écriture non phonétique ou non phonologique. C’est parce
qu’une langue est un système de signes conventionnels qui repose sur un système
de règles implicites. Le problème de fond est alors celui d’explicitation et
de construction des règles, que s’est attachée à résoudre la méthode
linguistique de lecture sur la base du renouvellement théorique contemporain de
la linguistique en tant que science du langage et des langues qui, de ce fait,
est concernée au premier chef par la pédagogie de la lecture.
(3) Dans la perspective
d’un modèle pédagogique explicite de la lecture, nous avions initié une
classification des lettres de l’alphabet de la langue française, dans son état
de transcription actuel, en trois catégories d’éléments qui sont les
consonnes, les voyelles et les semi-consonnes ou semi-voyelles, colorisées pour
des raisons pédagogiques et esthétiques en bleu, en rouge et en vert
respectivement.
De plus en plus d’auteurs
suivent cette classification dans leurs livres de méthodes de lecture, mais au
prix de confusion (et pas seulement …), qui est un mélange des genres entre
les phonèmes et les lettres de l’alphabet rebaptisées « graphèmes ».
Dans la mesure où la langue française ne présente pas de correspondances
univoques entre les phonèmes et les lettres de l’alphabet, la distinction
postulée ne saurait être appliquée à la fois aux lettres de l’alphabet et
aux phonèmes ; par exemple, une voyelle du système alphabétique n’a
pas le même statut qu’une voyelle du système phonologique. Ainsi, la
distinction que nous avions introduite dans l’organisation du système des
lettres alphabétiques pour la méthode syllabique ne doit pas être transposée
dans les méthodes phonologiques ni dans les méthodes phonémiques, même sous
l’étiquette déclarée de « méthodes syllabiques » qu’elles
revendiquent. Au reste, nous avons montré à ce sujet qu’il n’était pas
possible de concilier dans une méthode de lecture les approches antagoniques
que sont, d’un côté, le départ phonologique et le départ phonémique et,
de l’autre, le départ alphabétique.
La confusion qui est pointée est un autre signe de
grandes difficultés sur lesquelles butent les méthodes dites syllabiques qui
font référence à la notion de phonème et, de ce fait, partent des phonèmes
confondus avec sons (encore une confusion !) pour aller vers les lettres de
l’alphabet.