La syllabe
La syllabe est une notion qui cristallise les difficultés
des méthodes de lecture en général et des méthodes syllabiques en
particulier et sa présence relativement discrète dans les manuels pédagogiques
et même dans les résultats des travaux scientifiques suggère ces difficultés.
C’est parce que la syllabe est le résultat du code alphabétique qui génère
les différentes structures des unités de la communication linguistique qui
sont les syllabes, les mots, les phrases et les textes, structures qui sont à
maîtriser en termes de règles de prononciation et de compréhension par
rapport à la compétence en lecture.
A cet égard, elle recouvre deux significations qui donnent lieu à deux
orientations diamétralement opposées.
La première signification est liée
traditionnellement au mode de découpage des mots écrits de la langue française
et elle est déterminée par la possibilité pratique de formuler les règles de
prononciation des syllabes.
La syllabe est dite syllabe écrite ou syllabe graphique
et relève de l’orthographe actuelle du français faite de lettres de
l’alphabet et générant méthode alphabétique, synonyme mieux défendable
de méthode syllabique.
Le premier point d’erreurs commises à travers cette orientation est de procéder
phonologiquement, comme si le français avait été transcrit avec des phonèmes
et non avec des lettres de l’alphabet. Le deuxième point est de procéder
phonétiquement, en partant du langage oral pour aller au langage écrit, ce qui
donne lieu à la syllabe qualifiée de phonétique ou phonologique
ainsi qu’à méthode phonétique ou méthode phonologique.
La syllabe phonétique, ou syllabe phonologique,
renvoie au français tel qu’il aurait dû être transcrit, mais ne l’est pas
à l’heure actuelle ; dans ces conditions, on n’est pas logiquement
fondé à définir la syllabe du français actuel en termes phonétiques ni
phonologiques.
Ainsi, le sens du mot syllabe qui correspond tout à fait à l’état
actuel de transcription du français a été indûment abandonné au profit de
celui qui ne correspond nullement au système de transcription de la langue
aujourd’hui.
A la suite de l’erreur originelle précédemment évoquée,
c’est l’ensemble de présentation des faits de langue qui s’en est trouvé
bouleversé. Jusque dans les dictionnaires du français, les faits linguistiques
sont présentés sous l’angle de la phonétique et de la phonologie, en total
déphasage avec le système d’écriture alphabétique existant ! C’est
un problème de logique qui est ainsi soulevé, lequel demeure sérieux par
rapport aux graves conséquences induites et révélées spécialement à
travers les méthodes de lecture marquées par l’impossibilité
d’organisation et de progression. Il convient de savoir à ce sujet que même
en transcrivant phonologiquement le français, le problème d’organisation et
de progression ne pouvait être réglé qu’en suivant la procédure qui va des
graphies aux phonies ou de la langue écrite à la langue orale et non
l’inverse. C’est la procédure autorisée par les neurosciences et confirmée
sur les forums de discussion par les témoignages des parents d’enfants de CP
en difficulté qui parviennent très rapidement à lire dès qu’ils sont exercés
à la maison au moyen d’une méthode syllabique en procédant des lettres de
l’alphabet aux sons associés.
La méthode de lecture pertinente est construite
fondamentalement sur la structure et le fonctionnement de la syllabe et part des lettres de
l’alphabet et de leurs assemblages pour aller vers les sons qui leur
correspondent. C’est la méthode linguistique de lecture.
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Syllabe : structure et fonctionnement D'un point de vue sémiologique et au
regard du mot écrit, la syllabe est un groupe structuré de signes
graphiques. Sous l'angle logique, ces données
exigent un enseignement explicité et systématisé de la lecture. En première approche linguistique et phonétique, la syllabe est un groupe de lettres définies, présentées selon un ordre conventionnel contraignant et prononcées en une seule émission phonique. Les
syllabes et les lettres sont les socles de connaissances en lecture. Il
s'agit des syllabes et des lettres des mots de la langue française. |
Remarques : Une pratique linguistique du français, dont
l'abandon n'est pas pour demain en raison de son intérêt et qui met en
porte-à-faux les méthodes de lecture, consiste dans le principe de découpage
syllabique. Dans la présentation des contenus matériels des méthodes de
lecture, les mots sont découpés syllabiquement à la mode phonétique ou
phonologique tandis que dans la présentation standard ou classique des textes
écrits (celle de la dictée et de la rédaction scolaires), ils sont découpés
syllabiquement à la mode académique (celle des ouvrages scolaires et des
manuels pédagogiques, des textes littéraires et scientifiques, des textes
officiels, etc.). Ainsi, les méthodes de lecture se trouvent en face d'un
problème pour le moins embarrassant qu'elles ont choisi d'occulter, celui du
mode de découpage syllabique phonétique opposé au mode de découpage
syllabique académique. Le premier ne correspond pas au système de
transcription usuel du français alors que le dernier y correspond ! La
contradiction trahit tout simplement la non-pertinence des conceptions
théoriques à caractère phonétique ou phonologique qui sous-tendent les
méthodes de lecture.
La question à laquelle il importe de répondre est celle qui suit. Quelle est
l'utilité réelle du mode de découpage syllabique académique ? Sur la base
des considérations ci-dessus, il n'aurait pas d'utilité pour les méthodes de
lecture ... Le débat reste ouvert. Pour la méthode linguistique de lecture, le
mode de décomposition syllabique académique des mots livre des connaissances
explicites qui sont celles de l'organisation des mots et offre la possibilité
d'énoncer avec précision les règles de prononciation des syllabes menant à
la prononciation des mots. Livret 1a.Lettres de l'alphabet illustre bien
cette utilité (voir l'exemple sur http://www.methode-linguistique.com).
Bernard WEMAGUE
Juin 2007