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La reconnaissance et l’identification des mots en lecture
D’après les résultats des travaux d’imagerie cérébrale obtenus par la recherche internationale en neurosciences de la lecture confirmés, entre autres, par les sciences cognitives, la linguistique générale et le mode de fonctionnement du français, la lecture s’effectue dans la région occipito-temporale gauche et, plus exactement, la « région de la forme visuelle des mots » dont « les neurones […] apprennent progressivement à reconnaître les lettres et les fragments de mots » et qui « décompose les mots écrits en éléments simples » ou lettres. Cela revient à dire que l’enseignement de la lecture s’appuie essentiellement sur la langue écrite et non, comme on l'a pensé sur des hypothèses faibles depuis quelques décennies, sur la langue orale et part des lettres de l’alphabet plutôt que des sons confondus avec phonèmes. Ces apports majeurs (1) amènent à formuler les opérations de reconnaissance et d’identification des mots écrits comme ci-après.
Le cerveau - décompose le mot en lettres ; - discrimine les lettres ; - considère l’ordre particulier des lettres ; - repère les suites spécifiques de lettres, ou syllabes ; - prononce chaque suite spécifique de lettres, ou chaque syllabe ; - distinguer le mot ; - accède au sens du mot.
Tels sont les principaux mécanismes de reconnaissance et d’identification des mots écrits. Pour y parvenir, le cerveau doit nécessairement avoir appris auparavant les données d’une façon ou d’une autre (par une « méthode », implicite ou explicite). Or, les méthodes de lecture ne font pas connaître les lettres de l’alphabet ; ne font pas acquérir la composition des lettres de l’alphabet pour former les mots ni n’entraînent pas à décomposer les mots en lettres alphabétiques ; ne discriminent pas les lettres ; ne considèrent pas l’ordre des lettres ; ne prennent pas en compte les suites spécifiques des lettres ou syllabes écrites et conséquemment occultent les règles de prononciation impliquées par les lettres présentes dans les suites, etc. Par conséquent, leur impact est sujet à caution. Il ressort de cette analyse que les contenus pédagogiques des méthodes de lecture sont antinomiques avec le fonctionnement du cerveau et de l’apprentissage.
La reconnaissance et l’identification des mots en matière d’apprentissage de la lecture mettent en jeu les mécanismes du cerveau et de l’apprentissage, ce qui signifie que la méthode de lecture doit être déterminée par le mode de fonctionnement cérébral et cognitif.
Pour qu’elle puisse permettre de reconnaître et d’identifier les mots écrits, la méthode de lecture doit porter l’attention de l’enfant sur deux points élémentaires et fondamentaux : - l’ordre spécifique des lettres dans les syllabes (2) ; - les prononciations des lettres liées au contexte et à la position dans les syllabes.
Porter l’attention de l’enfant sur la spécificité de l’ordre des lettres dans les syllabes et sur les règles phonétiques contextuelles et positionnelles des lettres dans les syllabes présente de nombreux avantages : - visualiser mieux l’objet de la connaissance ; - imprimer les données dans le cerveau ; - faciliter l’élaboration de la connaissance ; - accélérer l’obtention des effets escomptés ; - consolider les acquis réalisés.
Cela est possible et facilité par la combinatoire appelée "le principe alphabétique" (voir Livret 1b. Assemblage des lettres).
Bernard Wemague Avril 2008
______________________________________________________________ (1) Contre la
conception générale fausse qui construit l’enseignement et
l’apprentissage de la lecture sur les notions de son, de phonème et de
graphème dont le français actuel n’a nul besoin, les résultats
d’imagerie cérébrale produits par la recherche scientifique
internationale apportent des données qui inscrivent l’enseignement et
l’apprentissage de la lecture dans une démarche qui conduit des lettres
de l’alphabet aux phrases et aux textes, démarche dont la progression
logique et rigoureuse assure un apprentissage rapide et meilleur de la
lecture.
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