La nécessité pour
les enfants d’apprendre à lire avec un livre
Sur la base des connaissances scientifiques actuelles relatives à l’apprentissage de la lecture et par décision du 3 janvier 2006, le Ministère de l’Education nationale a rétabli dans les écoles la méthode syllabique et recommandé aux éditeurs de ne publier et aux maires de n’acheter que des livres de méthode syllabique.
De quelle méthode syllabique doit-il s’agir en réalité ?
Il doit s’agir de la méthode syllabique étayée sur les fonctionnements de la langue française écrite ainsi que du cerveau et de la pensée des enfants. En ce sens, s’appuyant sur les résultats scientifiques disponibles et en conformité avec les instructions officielles, l’auteur de ces lignes a publié la "méthode linguistique de lecture" (cf. site http://www.methode-linguistique.com ) comprenant de petits livres qui correspondent à l’impératif de continuité de l’enseignement entre l’école maternelle et le cours préparatoire (CP).
Cependant, aujourd’hui encore et en dépit de la loi de 2005 qui instaure le principe de la liberté d’enseignement, rares sont les établissements scolaires qui pratiquent la méthode syllabique.
Certes, il n’y avait pas de méthode syllabique peu critiquable, mais ce n’est pas la raison de fond.
La méthode linguistique de lecture se situe sur un registre purement scientifique et pédagogique (cf. l’article « Les fondamentaux du contenu épistémologique de la lecture » sur le site http://www.apprentissage-lecture.com ).
C’est pourquoi il faut informer objectivement les maires afin qu’ils mettent à la disposition des écoles, des enseignants et des enfants non pas seulement les méthodes non syllabiques dont les insuffisances expliquent les multiples réformes que l’on sait, mais également la méthode syllabique et plus précisément la méthode syllabique pertinente, celle qui est conçue sur les bases scientifiques actuelles aussi irréprochables que possible en même temps que celle qui permet, conformément aux suggestions du Ministère de l’Education nationale, un partenariat entre les enseignants et les parents pour une plus grande réussite des enfants.
Dans cette perspective, il convient, comme font les parents en famille, de faire travailler les enfants avec un livre (le contraire ne se justifie que par des raisons discutables). D’où la nécessité de remettre à chacun d’entre eux un livre d’apprentissage de la lecture.
L’idéal est que les enfants apprennent et s’habituent à lire à l’école, comme à la maison, avec un livre, et de préférence avec le même livre à la maison qu’à l’école. Les résultats en sont nettement meilleurs qu’avec des photocopies de leçons reprises ici et là dans des livres dont les options pédagogiques sous-jacentes ne sont pas les mêmes. Les photocopies ne sont pas pratiques pour les enfants de l’école élémentaire et a fortiori ceux de l’école maternelle ; elles sont inadaptées à la construction des connaissances structurées et cohérentes et des apprentissages fondamentaux. Elles apportent des connaissances implicites, morcelées, dispersées, alors que celles-ci doivent plutôt être présentées d’une manière parfaitement claires y compris visuellement, cohérentes, rigoureuses, ordonnées, graduées.
Si on se souvient de la façon dont fonctionnent la langue française écrite, le cerveau et la pensée, alors on comprend que faire apprendre à lire sans manuel, surtout à des enfants, soit une erreur pédagogique. A ce moment-là, le problème qui se pose est celui des fondements scientifiques du contenu matériel du manuel envisagé et, en conséquence, celui du statut de la méthode de lecture impliquée. Dans le cas présent, il s’agit de la méthode syllabique, qui résulte du mode de fonctionnement du français écrit, des circuits cérébraux et des opérations mentales.
Par nature, la méthode syllabique exige d’apprendre à lire avec un livre, parce que l’objet central d’apprentissage de la lecture est la langue écrite. A l’inverse, les méthodes non syllabiques n’emploient généralement pas de livre avec lequel elles s’avèrent peu compatibles.
Les enquêtes réalisées auprès des libraires révèlent que c’est les livres de méthode syllabique qui sont les plus vendus : ils sont achetés principalement par les parents qui ont, par nécessité, besoin de support pour la tâche à effectuer.
L’exemple des parents suggère qu’il faut utiliser un livre pour faire apprendre à lire aux enfants, et aux adultes, parce que les mécanismes cérébraux et cognitifs sont les mêmes dans les deux cas ! L’exemple des parents finlandais conforté par l’excellence des résultats obtenus confirme l’importance de l’utilisation de livre pour faire apprendre à lire aux enfants. De cette façon, des arguments scientifiques et des exemples concrets et patents militent en faveur de l’emploi de livre par les enfants pour apprendre à lire.
Le degré de compatibilité en particulier des méthodes non syllabiques avec les fonctions cérébrales et mentales est très faible, d’où les problèmes que l’on connaît.
En définitive, il convient que les enseignants fassent apprendre aux enfants à lire avec un livre pour chacun d’eux, comme tous les élèves dans toutes les disciplines du système scolaire.
C’est un facteur important de succès.
Bernard Wemague
5 août 2009