Naissance d’un
nouveau modèle d’enseignement :
la pédagogie explicite
Le nouveau modèle de pédagogie explicite très rapidement évoqué ici a été découvert, tout récemment sur le site de l’ancien Institut National de Recherche Pédagogique (INRP) devenu Institut Français de l’Éducation (IFE), dans les échanges consécutifs à un article précisément sur la pédagogie explicite.
La pédagogie explicite est connue et se développe en
France depuis seulement quelques années grâce à deux enseignants de l’Éducation
nationale, Bernard Appy et Françoise Appy qui, en réaction contre la pédagogie
socioconstructiviste, préconisent, selon leur propre expression, une « 3e
voie » par rapport à l’enseignement traditionnel d’un côté et à
l’enseignement académique dominé par le socioconstructivisme de l’autre.
Ils s’appuient non seulement sur leurs expériences
d’enseignants ainsi que sur leurs recherches personnelles, mais encore sur les
résultats des travaux scientifiques conduits dans le domaine depuis plusieurs décennies
aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Europe.
Leur site Formapex.com est une mine de ressources pédagogiques
pour les enseignants et pour les chercheurs.
La nouveauté du modèle de pédagogie explicite réside
dans les principes sous-jacents fondés sur les structures mentales mobilisées
dans l’acte d’apprentissage.
Le courant de pédagogie explicite change radicalement la
physionomie de l’enseignement.
Il présente la particularité spécifique d’être foncièrement
efficace par comparaison avec l’enseignement traditionnel et l’enseignement
académique, d’où la dénomination de « 3e voie ».
Dans leurs témoignages (cf. le site 3evoie.org), les
enseignants qui ont expérimenté le modèle pédagogique explicite le décrivent
comme une « pédagogie du bon sens ». C’est parce qu’elle est
une pédagogie adaptée par rapport aux schèmes de pensée chez les élèves,
ce qui en garantit l’efficacité et, en conséquence, rend ses résultats prédictibles.
En somme, la pédagogie explicite est un enseignement qui
correspond aux structures cognitives propres à l’apprentissage en éducation.
Ce qu’il est intéressant et important de souligner est
que le modèle de pédagogie explicite émerge au sein même de l’Éducation
nationale.
L’Association Pour la Pédagogie Explicite (APPEx) est d’ailleurs
subventionnée par le Ministère de l’Éducation nationale.
Cela posé, il faut signaler, pour être un tant soit peu
complet, l’article « Effets des pratiques pédagogiques sur les
apprentissages » dans « Dossier d’activité Veille & Analyses :
no 65, septembre 2011) » d’Annie Feyfant, chargée d’études et de
recherche au service Veille et Analyse de l’Institut Français de l’Éducation
(IFE), qui soulève une interrogation sur la validité scientifique et pédagogique
du modèle d’enseignement explicite en prenant appui sur des sources
bibliographiques par trop sélectives. C’est ainsi que l’auteur a gardé le
silence sur les résultats des travaux scientifiques de référence tels que
ceux de Barak Rosenshine ou de Zig Engelmann aux États-Unis, de Clermont
Gauthier ou de Steve Bissonnette au Canada, de John Sweller ou de Paul A.
Kirschner en Australie, et indirectement de Stanislas Dehaene en France ainsi
que d’André Giordan en Suisse (la pédagogie explicite découle du mode de
fonctionnement des mécanismes cognitifs qui se dégagent des résultats des
travaux de S. Dehaene et de A. Giordan).
La conférence de consensus sur l’enseignement de la lecture à l’école primaire les 4 et 5 décembre 2003, qui rassemble des experts scientifiques reconnus dans le domaine de la recherche sur l’enseignement de la lecture ainsi que des professionnels de la pédagogie, développe, parmi les grandes thématiques traitées, celle dont l’importance est tout à fait décisive et qui peut être formulée en substance : « Quels sont les processus cérébraux et cognitifs à l’œuvre dans l’apprentissage de la lecture ? ».
Stanislas Dehaene répond remarquablement à ce
questionnement crucial et les résultats de ses travaux, actuellement
consensuels dans la communauté scientifique, font autorité dans le champ de la
recherche scientifique et pédagogique sur l’apprentissage de la lecture.
Grâce à l’imagerie par résonance magnétique
fonctionnelle (IRMf) permettant de visualiser l’activité cérébrale pendant
l’apprentissage de la lecture, il montre que le cerveau commence petit à
petit par les éléments graphiques simples pour aller vers les éléments
graphiques complexes, c’est-à-dire, en dernière analyse, du plus facile au
plus difficile, ce qui paraît s’inscrire dans l’ordre des choses.
Toute réflexion menée sur l’apprentissage de la lecture
et l’enseignement explicite ne saurait faire abstraction de ces recherches
scientifiques sur le cerveau et la cognition qui sont à la base de la pédagogie
explicite qui est une pédagogie intrinsèquement efficace, celle qui atteint au
meilleur coût énergétique les objectifs fixés.
La pédagogie explicite doit ses fondements scientifiques
et sa validation à la neuroscience et à la cogniscience, qui sont les sciences
du cerveau et de la cognition respectivement.
Elle repose sur les principes de fonctionnement du cerveau
et de la cognition pour l’apprentissage scolaire.
Le dossier intitulé « Pourquoi un enseignement peu
guidé ne fonctionne pas : une analyse de l’échec de l’enseignement
constructiviste, et autres pédagogies par découverte, par situations problèmes,
par expériences et enquêtes », Paul A. Kirschner, John Sweller et
Richard E. Clark » (cf. le site APPEx ou le site Formapex), très documenté,
présenté par John Sweller et ses collègues, traduit de l’anglais par Françoise
Appy, constitue en soi une réfutation totale du dossier « Effets des
pratiques pédagogiques sur les apprentissages ». Ce dossier n’aurait
pas vu le jour si les résultats des travaux en particulier de John Sweller et
de ses collègues avaient été pris en compte.
Les considérations précédentes tendent à montrer la
profonde évolution de la pédagogie contemporaine à l’instar de la science
et de la méthodologie de la recherche scientifique qui, elles aussi, ont subi
une profonde transformation.
Parce que ses principes fondateurs correspondent aux propriétés structurelles et fonctionnelles du cerveau et de la pensée par rapport à la formation éducative, la pédagogie explicite repose sur des fondements scientifiques validés par l’optimalité des résultats scolaires et réciproquement.
Bernard Wemague
2 novembre 2011
Sites français sur la pédagogie explicite :