La méthode syllabique
adéquate
| Pourquoi les réformes de
2006 n'ont-elles retenu ni recommandé aucune des méthodes syllabiques
déjà en usage ? Les raisons en sont nombreuses. Les unes se situent en
amont et, les autres, en aval. Les premières sont d'ordre scientifique
et, les dernières, celles qui en découlent. Le propos sera confiné à
celles-ci dont voici les principales : 1) Les méthodes syllabiques vont des sons aux lettres de l'alphabet. 2) Les méthodes syllabiques ne font pas apprendre l'alphabet. 3) Les méthodes syllabiques possèdent une combinatoire sommaire. 4) Les méthodes syllabiques présentent souvent des mots entiers. 5) Le traitement des consonnes doubles dans le découpage syllabique des mots n'est pas toujours cohérent. 6) L'organisation et la progression sont gravement déficitaires. 7) La notion de règle reste implicite. Les difficultés liées aux méthodes syllabiques sont évidentes et les résultats obtenus de l'apprentissage sont à l'image de ces faiblesses qui n'ont pas permis au Ministre de l'Éducation nationale de proposer l'une d'entre elles. Remarques |
Les
méthodes globales et les méthodes semi-globales ou mixtes contestées à
travers les résultats scolaires et par les neurosciences mises à part, on peut
distinguer, selon le critère de modèle pédagogique, deux grands groupes de méthodes
de lecture qui sont les méthodes non syllabiques et les méthodes syllabiques.
Les
méthodes non syllabiques, représentées ici en particulier par les méthodes
dites phonologiques ou phonémiques, se définissent par une démarche pédagogique
menant des phonies aux graphies, ou des sons ou phonèmes aux lettres de
l’alphabet, et sont invalidées par les neurosciences comme étant contraires
au principe de fonctionnement des circuits cérébraux.
Les
méthodes syllabiques peuvent être subdivisées en deux catégories :
d’un côté, celles qui, sous l’influence des méthodes phonologiques ou
phonémiques, partent des sons ou phonèmes pour aller vers les lettres de
l’alphabet et sont de ce fait invalidées par les neurosciences ; de
l’autre côté, celle en l’occurrence la méthode linguistique de lecture
qui procède des lettres de l’alphabet vers les sons associés et qui est
validée par les neurosciences en tant que modèle d’approche pédagogique
correspondant au principe de mécanisme de fonctionnement du cerveau, lequel
consiste à aller, d’une part, du visuel (les graphies) à l’auditif (les
phonies) et, d’autre part, des éléments graphiques simples (les lettres de
l’alphabet) aux éléments graphiques complexes (les combinaisons des lettres de
l’alphabet que sont les syllabes, les mots, les phrases et les textes).
Voilà
pourquoi il y a incompatibilité fondamentale entre, d’un côté, l’approche
pédagogique qui conduit des sons aux lettres et, de l’autre, l’organisation
progressive des contenus matériels.
C’est également la raison pour laquelle les livres
de méthode non syllabique autant que ceux de méthode syllabique souffrent
d’un réel déficit d’organisation et de progression.
La
méthode syllabique pertinente est celle qui est validée par les neurosciences
et, par conséquent, respectueuse de la nature et du mode de fonctionnement du
cerveau et de la langue écrite, c'est-à-dire
1) celle qui
part des éléments graphiques simples pour aller vers les éléments graphiques
complexes en l'espèce les lettres de l'alphabet et
leurs assemblages ;
2) celle
qui part des éléments graphiques pour aller vers les sons qui leur
correspondent ;
3) et, finalement,
celle qui va des données visuelles aux données auditives.
La méthode linguistique de lecture répond à cette définition.
Une comparaison avec les méthodes précédemment évoquées peut permettre d'en juger.
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Depuis
toujours, les parents, sans exception, qui font apprendre à lire à leur
enfant, partent des lettres de l’alphabet pour aller vers les sons qui
leur correspondent. Les résultats de ce modèle d’approche n’ont pas
révélé à ce jour d’inconvénient quelconque. C’est parce que le
procédé, qualifié de « syllabique » ou
d’ « alphabétique », obéit à l’ordre des
choses. Il est donc logique. Depuis
l’avènement du procédé qualifié de « phonologique » ou
de « phonémique » né d’une erreur d’adaptation, à
l’enseignement de la lecture, des travaux de recherche en linguistique,
les enseignants mais non les parents, vont des sons aux lettres de
l’alphabet. Les
neurosciences valident le procédé qui mène des lettres de l’alphabet
aux sons correspondants et réfutent le procédé inverse. D’autres
disciplines scientifiques permettent également de démontrer que la démarche
pédagogique de lecture qui conduit des sons aux lettres de l’alphabet
est mal fondée. |
Remarques.- Une méthode de lecture qui se définit comme syllabique ou alphabétique et n'intègre pas l'apprentissage des lettres de l'alphabet dans son cheminement laisse à tout le moins perplexe. C'est pourtant le cas des méthodes syllabiques à l'heure actuelle. La situation ne recèle pas de mystère. L'influence des méthodes phonologiques ou phonémiques a conduit les méthodes syllabiques à partir des sons pour aller vers les lettres de l'alphabet, et l'apprentissage des lettres de l'alphabet s'est alors avéré sinon inutile du moins fort problématique. L'impossibilité d'organisation progressive du contenu matériel des méthodes syllabiques résulte de cette situation.
Bernard
Wemague
26 mars 2007