La méthode de lecture neurocognilinguistique

 
 


La méthode de lecture neurocognilinguistique est fondée essentiellement sur l’analyse du fonctionnement du cerveau, de la pensée et du langage ; elle repose sur les acquis de la recherche principalement en neuroscience, en cogniscience et en linguistique.

 

Méthode linguistique de lecture est la dénomination simplifiée de méthode de lecture neuro-cogni-linguistique axée sur les sciences épistémologiques de la lecture et issue des résultats de la recherche scientifique et universitaire.
 

La recherche scientifique et universitaire met en évidence trois grands domaines de connaissances sous-tendant la conception et la construction de la méthode d’apprentissage de la lecture qui sont la sociologie, la psychologie et l’épistémologie.
La sociologie traite les conditions de possibilité d’apprentissage de la lecture.
La psychologie s’occupe de la personnalité de l’enfant dans le but d’y adapter au mieux la méthode d’apprentissage de la lecture.
Composante charnière de la science de la lecture, l’épistémologie comporte trois sciences fondamentales qui sont la neuroscience, la cogniscience et la linguistique, lesquelles étudient les fonctionnements respectivement du cerveau, de la pensée et du langage par rapport à l’enseignement et à l’apprentissage de la lecture : la neuroscience explore l’activation des réseaux neuronaux pour l’apprentissage de la lecture ; la cogniscience élucide les schèmes mentaux qui interviennent dans l’élaboration des objets de la connaissance ; la linguistique définit les objets de la connaissance impliqués par les activités cérébrales et les opérations intellectuelles de l’apprentissage de la lecture.
 

Les données de la recherche scientifique sont fournies par Stanislas Dehaene de l’Académie des Sciences et ses collaborateurs et, celles de la recherche universitaire, par l’Observatoire national de la lecture (ONL).
 

Le contenu matériel de l’enseignement de la lecture est établi suivant les fonctionnements du cerveau, de la pensée et du langage.
 

L’enseignement et l’apprentissage de la lecture s’appuient sur le langage oral et le langage écrit. Le langage écrit sert de notation au langage oral, selon le principe de correspondance graphie-phonie ou lettre-son conformément au mode de fonctionnement cérébral, le sens étant conventionnellement rattaché au système de correspondance graphie-phonie ou lettre-son.


La communication orale et écrite ou phonique et graphique est construite à partir des sons et des lettres ainsi que de leurs associations appelées syllabes.
 

En nombre fini et limité, les sons, les lettres et les syllabes se décrivent comme étant des constantes distributives, c’est-à-dire des unités qui ne changent pas de propriétés physiques et s’utilisent dans la composition de mots différents de la langue française, comme dans les exemples ci-après :
 

1) une lettre répétée dans divers mots : a, i, e, u, c, m, r, t, v … comme dans addition, agriculture, amusement, armure, maman, maraîcher, aimable, européenne ;
 

2) une même syllabe reprise (ici "ma", "ra", "vi") dans des mots différents : maraîcher, aimable, camarade, panorama, viticulteur, dividende, deviner, aviateur, service, asservi, à l’envi ;
 

3) une même syllabe répétée (ici "ca", "ci", "tu", "ta", "qui", "de", "re", "vi", "bon", "cher", "chou") dans un même mot : papa, cacahuète, caricature, spécificité, tumultueux, constatation, enquiquiner, demande, tirelire, vivifier, bonbon, rechercher, chouchouter.
 

4) deux syllabes distinctes (ici "ci-le", "cu-le", "gi-le", "tu-re", "ai-re") mobilisées dans plusieurs mots : facile, domicile, ridicule, pédoncule, minuscule, crépuscule, argile, vigile, lecture, nourriture, filature, aventure, intermédiaire, auxiliaire, judiciaire.
 

5) trois syllabes différentes (ici "cul-tu-re") employées pour la formation de nombreux mots : puériculture, agriculture, pisciculture, aquaculture, ostréiculture, apiculture.


Scientifiquement, la méthode linguistique de lecture vise, dans une première étape décisive du processus d’apprentissage de la lecture, à maîtriser les invariantes distributives (lettres et syllabes) en lien avec le sens (cf. Livret 1a. Lettres de l’alphabet et Livret1b. Assemblage des lettres).
 

Les scientifiques de la lecture convergent sur l’idée que la capacité de lire passe nécessairement par celle d’identifier les mots écrits.
Pour être capable d’identifier les mots écrits, l’enfant doit connaître les lettres et les syllabes de la langue française en liaison avec le sens, c’est-à-dire connaître les constantes distributives des mots écrits du français.
L’acquisition des invariantes distributives se réalise à travers la combinatoire, comme cela est présenté dans Livret 1a. Lettres de l’alphabet, Livret 1b. Assemblage des lettres, Apprendre à lire en CP.
 

La combinatoire est l’essence même de la construction de la langue et, partant, de la construction de l’apprentissage de la lecture. 
Par rapport à l’activité de construction de l’apprentissage de la lecture, la combinatoire est l’étude du fonctionnement graphique et phonique interne des mots. 
Au plan de la pragmatique, la combinatoire est le travail sur la structure et le fonctionnement internes des mots de la langue.

Alors que la force majeure de la méthode de lecture neuro-cogni-linguistique réside dans la combinatoire, la plus grande faiblesse des méthodes de lecture, toutes tendances confondues, consiste dans l'absence de la combinatoire dans leur conception et leur construction.
 

La méthode de lecture pertinente, c'est-à-dire celle qui s'adapte au fonctionnement du cerveau, de la pensée et du langage, est bâtie à partir de la combinatoire.
 

Bernard Wemague
2 septembre 2010



Texte de référence :
Bilan des recherches sur l'enseignement de la lecture en France au cours de la décennie 2010
http://www.apprentissagelecture.net