La méthode de lecture et la combinatoire

 

Le maître-mot du fonctionnement du cerveau pour l’apprentissage de la lecture, de la pensée pour l’apprentissage éducatif, du langage oral et écrit pour la communication, de la méthode d’apprentissage de la lecture, est combinatoire.

La conception pertinente de la méthode de lecture se fonde principalement sur l’analyse du fonctionnement du cerveau, de la pensée et du langage, c’est-à-dire sur les résultats des recherches de neuroscience, de cogniscience et de linguistique.

A ce titre, la méthode de lecture se caractérise essentiellement de neuro-cogni-linguistique, ce que nous proposons d’appeler tout simplement méthode linguistique de lecture dans la mesure où le contenu de la méthode de lecture est constitué des catégories d’unités linguistiques (lettres, sons, syllabes, mots, phrases, textes, sens, etc.).
La méthode de lecture neuro-cogni-linguistique s’attache à l’articulation entre le code et le sens.

La combinatoire, sur laquelle repose le code dont s'extrait le sens, s’opère à l’aide de deux catégories d’unités linguistiques de base qui sont les lettres et les syllabes.
D’un point de vue sémiologique et phonétique, une lettre est une unité graphique indivisible dans le système de notation d’une langue naturelle ; généralement suite de lettres formant une unité graphique segmentable et soumises à un ordre nécessaire et obligatoire, une syllabe est une convention d’écriture qu’une langue naturelle assigne à une unité phonétique de la communication par la parole. Une lettre peut correspondre biunivoquement à un son ou non (cas d’une langue à transcription non phonologique, comme le français) ; une syllabe peut correspondre biunivoquement à une unité phonétique ou non (cas du français). Dans tous les cas, la transcription entre la langue orale et la langue écrite n’est pas nécessairement rigoureuse (comme cela doit l’être dans une langue à orthographe phonologique).

Il s’agit dès lors de mettre en place chez l’élève les lettres qui servent à coder la langue et de construire chez lui les syllabes qui permettent de composer les mots qui forment les phrases et les textes. Ces opérations s’effectuent en étroite relation avec le sens.

De manière intrinsèque, la combinatoire élimine les problèmes de reconnaissance et d’identification des mots, de compréhension et d’orthographe, d’illettrisme et de dyslexie. C'est parce que la combinatoire apporte la composante qui fait défaut aux conceptions pédagogiques classiques de la lecture, laquelle est l'encodage, indispensable à l'acquisition des capacités de reconnaissance et d'identification des mots.

La combinatoire repose sur l'encodage qui conditionne la reconnaissance et l'identification des mots.

Encodage, reconnaissance et identification sont des processus cognitifs qui constituent la clé de voûte d'un apprentissage de la lecture réussi.

L’encodage est non seulement un processus cognitif mais encore ce qui est donné à savoir pour être capable de reconnaître et d’identifier les mots. De ce dernier point de vue, c’est l’objet de la connaissance. Il est défini par le mode de fonctionnement du cerveau et apporté par le mode de fonctionnement de la langue en l’occurrence la langue française écrite. 

Au total, la méthode de lecture conçoit et construit ses fondements sur la neuroscience, la cogniscience et la linguistique et sur un concept-clé qui est la combinatoire.

Bernard Wemague
2 mai 2011