La grande innovation en méthode de lecture
Vis-à-vis de la dimension d’explicite qui est le trait scientifique et pédagogique par excellence, il paraît judicieux de rappeler tout d’abord le fait générateur de la situation actuelle. Les méthodes de lecture ont une valeur discutable dont les causes profondes peuvent se résumer en deux points principaux :
1) Les méthodes de lecture éludent l’apprentissage et la connaissance des lettres de l’alphabet, pour de mauvaises raisons qui sont, entre autres, que les lettres de l’alphabet ne portent pas de sens, l’apprentissage part de l’auditif (des sons ou phonèmes) pour aller vers le visuel (l’écrit).
2) Les méthodes de lecture occultent les règles positionnelles et contextuelles des lettres de l’alphabet dans les mots et, par suite, le fonctionnement et la prononciation de ces derniers.
Les conséquences en sont logiques : n’étant pas explicites sur les fondamentaux qui sont l’acquisition des lettres et de la combinatoire, les méthodes de lecture sont inadaptées au mécanisme cérébro-cognitif des enfants et au mode de fonctionnement du français. Le résultat en est que les enfants connaissent mal le fonctionnement et la prononciation des mots. Il s’ensuit les problèmes d’illettrisme, de manque d’autonomie, d’orthographe, de dyslexie, de désaffection voire de répulsion pour la lecture, lesquels sont à l’origine de nouveaux programmes dont le plus récent est celui de 2006.
Il s’agit de remédier aux causes et à leurs conséquences dégagées et c’est le projet assigné à la méthode linguistique de lecture
Les résultats acquis de la recherche en neurosciences sur la lecture, en sciences cognitives sur l’apprentissage éducatif et en linguistique générale sur la structuration de la langue française, sans mentionner ceux qui sont issus de la science et de la méthodologie de la recherche scientifique, apportent un changement radical de la manière de concevoir et de construire la méthode de lecture et, finalement, sur le point de savoir si c’est aux méthodes de lecture d'être conformes aux normes de fonctionnement du cerveau, de la pensée et de la langue française ou l’inverse.
Au niveau de l’enfant en activité d’apprentissage, la méthode de lecture mobilise trois moyens d’importance primordiale qui sont le cerveau, la pensée et la langue française.
Le cerveau dispose de son propre mécanisme de fonctionnement ; la pensée possède le sien ; la langue française a, elle aussi, son mécanisme de fonctionnement.
Par-delà la rationalité sous-jacente, les différents mécanismes ont en commun la cohérence et la rigueur de leurs constituants.
Il s’agit de concevoir et de construire la méthode de lecture suivant les mécanismes de fonctionnement du cerveau, de la pensée et de la langue française.
A ce moment-là, la méthode de lecture doit être adaptée aux principes de fonctionnement du cerveau, de la pensée et de la langue française.
Les méthodes de lecture ne remplissent pas cette condition impérative et déterminante.
N’étant pas soumises à cette contrainte majeure et spécifique, elles se multiplient et se diversifient à loisir, contrairement à l’esprit scientifique. En conséquence, la multiplicité et la diversité des méthodes de lecture tiennent au fait que celles-ci ne sont pas assujetties à la contrainte de fonctionnement du cerveau, de la pensée et de la langue française. Cela équivaut à dire qu’en soumettant les méthodes de lecture aux exigences du mode de fonctionnement du cerveau, de la pensée et de la langue française, on fait disparaître par là même leur multiplicité et leur diversité et obtient dans ce cas une méthode de lecture et une seule, dans la mesure où il y a un mécanisme de fonctionnement du cerveau, un mécanisme de fonctionnement de la pensée et un mécanisme de fonctionnement de la langue française imposant de ce fait, d'un point de vue scientifique, une méthode unique de lecture.
Dès lors, la question ne se pose plus de savoir si la méthode de lecture est syllabique, globale, mixte, etc., ou non. Toutefois, la caractérisation ne saurait occulter le concept de « linguistique » qui réfère à la langue en l’occurrence le français, d’où la spécification réduite pour raisons de commodité pratique à sa plus simple expression de « méthode linguistique » de lecture.
La méthode linguistique de lecture est le symbole de la profonde innovation en cours pour autant qu’elle est conforme au mode de fonctionnement du cerveau, de la pensée et de la langue française.
Un des défauts majeurs par lesquels se manifeste l’inadéquation des méthodes de lecture à leur objet se trouve dans le fait que c’est le cerveau, la pensée et la langue française qui doivent s’adapter aux méthodes de lecture.
Dans l’état actuel de la recherche scientifique et pédagogique, c’est les méthodes de lecture qui doivent être adaptées au fonctionnement du cerveau, de la pensée et de la langue française.
Tel est le projet de la méthode linguistique de lecture, laquelle s’attache à satisfaire à cette exigence cruciale (cf. le site http://www.methode-linguistique.com ).
Dans la méthode linguistique de lecture, par rapport aux mécanismes fonctionnels du cerveau, de la pensée ainsi que de la langue française, l’objet de la connaissance est formellement structuré et progressif, rigoureusement conçu et construit sur la base des règles explicites simples et générales (voir en particulier Livret 1b. Assemblage des lettres et Apprendre à lire en CP).
Sur la base des considérations qui ont été présentées et d’un point de vue scientifique et didactique, deux catégories de méthodes de lecture peuvent être postulées :
1) les méthodes non conformes au mode de fonctionnement cérébral, cognitif et linguistique (les méthodes à référence phonologique qui sont les méthodes syllabiques, globales, mixtes, etc.) ;
2) la méthode conforme au principe de fonctionnement cérébral, cognitif et linguistique (la méthode linguistique de lecture).
Bernard Wemague
Janvier 2008