L’élaboration du contenu matériel des manuels de la méthode linguistique de lecture s’inspire principalement des résultats d’une étude de Stanislas Dehaene, de l’Académie des Sciences.
L’étude s’intitule « Les bases cérébrales d’une acquisition culturelle : la lecture » dans l’ouvrage « Gènes et Culture » publié aux Editions Odile Jacob en 2003.
Selon cette étude, le cerveau s'active pour les
unités graphiques. D'autres travaux de Stanislas
Dehaene explicitent cette découverte.
Les unités graphiques (lettre ou séquence de lettres) de la langue écrite correspondent chacune à une unité
phonique (son ou séquence de sons) de la langue parlée. Stanislas Dehaene
incorpore justement le registre sémantique dans ce schéma, puisqu'il s'agit du
domaine de communication. Le domaine mobilise trois composantes qui sont la
graphie, la phonie et le sens équivalant à l'écrit, à la prononciation et au
sens qui forment le mode de communication dont relève spécifiquement la lecture
en apprentissage.
La découverte est fondamentale pour l’enseignement et l’apprentissage de la lecture.
L’enseignement de la lecture repose sur deux moyens de communication qui utilisent, pour l’un, les unités phoniques de la langue parlée que l’enfant connaît au titre de langue maternelle et donc pour les avoir apprises et, pour l’autre, les unités graphiques de la langue écrite qui codent les unités phoniques et qu'il ignore pour ne pas les avoir apprises.
L’apprentissage de la lecture consiste, dans ces conditions, à construire le système de correspondances entre les unités graphiques et les unités phoniques associées à celles-ci en relation avec le sens, opération qui unit ainsi le code graphique, le code phonique et le code sémantique dans le cadre de la mise en place du principe alphabétique réactualisé (1) et de la combinatoire.
Aux unités phoniques que l’enfant sait, l’apprentissage relie les unités graphiques qu’il ne sait pas, dans un système neuro-cognitivement ordonné de relations qui unissent la graphie, la phonie et le sens donnant lieu au système de correspondances grapho-phono-sémantiques en matière de combinatoire corrélée avec le principe alphabétique.
Les implications des résultats de l’étude sont des aspects essentiels de l’enseignement et de l’apprentissage de la lecture qui sont au nombre de trois : premièrement, le domaine spécifique de la lecture ; deuxièmement, le socle des connaissances et des compétences pour le traitement des mots écrits ; troisièmement, la méthode de lecture en œuvre.
Les aspects se précisent : le domaine propre de la lecture est constitué par la langue écrite ou le français écrit ; le socle des connaissances et des compétences pour le traitement des mots écrits est constitué par les lettres et les syllabes des mots écrits de la langue écrite ; la méthode de lecture est représentée par la méthode de lecture synthétique.
Ainsi, les apports de la recherche scientifique préconisent l’enseignement des lettres et des syllabes de la langue écrite plutôt que l’enseignement des sons de la langue parlée.
En dernière analyse, la méthode de lecture qui s’impose d'un point de vue scientifique est une méthode synthétique qui articule le code écrit, la prononciation et le sens. C’est le système de correspondances entre les lettres, les prononciations et le sens que s'attache à construire la méthode linguistique de lecture spécialement à travers Livret 1b. Assemblage des lettres et Apprendre à lire en CP et que prône également Stanislas Dehaene dans ses travaux. Il est important de rappeler qu’il s’agit fondamentalement de prononciation des lettres suivant le contexte et la position dans les mots écrits du champ lexical de la langue française. Mots du français écrit dont les séquences standards de lettres ou syllabes dites unités graphiques représentent de façon conventionnelle les unités phoniques des mots du français parlé. C'est cette convention, synonyme de règle dans la pensée linguistique contemporaine, qui est au cœur de l'enseignement et de l'apprentissage de la lecture des langues humaines.
Le fonctionnement du cerveau de l'apprentissage de la lecture découvert par Stanislas Dehaene est en cohérence avec le fonctionnement du langage. Cette adéquation constitue un élément déterminant de l'exactitude et de la crédibilité (en raison de l’existence de lien étroit entre le cerveau, la lecture et le langage) de la découverte effectuée par Stanislas Dehaene et non remise en question par les scientifiques spécialisés dans la recherche sur la lecture.
Nota : La source scientifique citée est un texte qui figure en tête de la liste des travaux de référence à l'appui de l'arrêté du 3 janvier 2006 du Ministère de l'Education nationale rétablissant la méthode synthétique dans l'enseignement de la lecture à l'école.
Bernard Wemague
03 janvier 2010
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(1) Par opposition au principe alphabétique actuel référé à tort à la phonologie qui n'est pas utile à l'enseignement de la lecture d'une langue aussi bien phonologique que non phonologique (à fortiori si l'on suit Stanislas Dehaene dans ses travaux sur le fonctionnement cérébral pour l'apprentissage de la lecture), le principe alphabétique réactualisé est celui qui est pensé par rapport à la manière dont le français s'écrit et se prononce aujourd'hui et selon laquelle les élèves doivent logiquement apprendre à lire.
Le principe alphabétique réactualisé, qui doit devenir le principe alphabétique standard, n'intègre pas la phonologie dans l'enseignement ni l'apprentissage de la lecture dans la mesure où cela n'aurait pas de fondements scientifiques.