Exemple illustré et commenté
La
méthode linguistique de lecture a pour objet fondamental de connaissances
explicites la formation syllabique et la prononciation des mots. C'est ce qu'on
se propose de mettre en évidence.
Par
hypothèse, on veut qu’un enfant sache lire le mot « intelligent »
selon l’approche pédagogique explicite.
Voici, brièvement décrites, les trois étapes à parcourir pour
l’acquisition des connaissances nécessaires.
Les lettres de l’alphabet à apprendre sont : a, b, c, d, e, f, g, h, i,
j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z.
Liste des lettres : a, b,
c, d, e,
f, g, h,
i, j, k,
l, m, n,
o, p, q,
r, s, t,
u, v, w,
x, y, z.
Consonnes : b, c,
d, f, g,
h, j, k,
l, m, n,
p, q, r,
s, t,
v, x, z.
Voyelles : a, e,
i, o, u.
Semi-consonnes ou semi-voyelles : w, y.
Exemple : intelligent et intelligent,
ou in tel li gent et in
tel li
gent.
C’est ici que s’effectue le travail de fond. Sont apprises les différentes
associations de consonnes, de voyelles et de semi-consonnes ou semi-voyelles
entre elles et les règles de prononciation correspondantes.
Prenant la voyelle comme point central, on fait apparaître successivement les
consonnes et les semi-consonnes dans son environnement (« contexte avant »
comme c avant a
dans ca de cadeau
et « contexte après » comme c après
a dans ac
de hamac et de cactus) et les différentes positions (la lettre telle la
consonne c est envisagée en début de syllabe
comme dans ca de
« ca » et en fin comme dans ac
de « mac » et de « cac »).
La combinatoire conduit à l’étude de l’organisation et du fonctionnement
des mots en passant par les syllabes de la langue.
A cet égard, le parcours d’apprentissage de la combinatoire aura permis d’étudier
les différentes syllabes du mot « intelligent » présenté « in
tel li gent » offrant la possibilité d’énonciation des règles de
prononciation de ses syllabes constitutives.
Dans la présentation où chaque syllabe est une règle générale de
prononciation, nous précisons :
in : la
voyelle i et la consonne n qui se suivent dans cet ordre se prononcent « in » ;
tel :
la voyelle e et la consonne l
qui se suivent dans cet ordre et figurent devant la consonne semblable l
se prononcent « è » ; ainsi, t
et el qui se
suivent dans cet ordre et dans ce
contexte se prononcent « tè » ;
li :
la consonne l et la voyelle i
qui se suivent dans cet ordre se prononcent « li » ;
gent :
lorsque deux consonnes se suivent en fin de mot comme n
et t dans gent
de in tel
li gent,
la dernière ne se prononce pas généralement (1) et il reste à considérer gen
; la consonne g, la voyelle e
et la consonne n qui se suivent dans cet ordre
se prononcent « gen ».
C’est ce modèle d’enseignement que nous désignons du terme pédagogie
scientifique.
Elle est aussi satisfaisante que possible, pour la théorie, la méthode et les
résultats escomptés.
Les Livrets de la méthode linguistique de lecture correspondent au parcours schématiquement
décrit.
Remarque 1.-
La pédagogie explicite impose l’acquisition préalable des notions de lettre,
consonne, voyelle, semi-consonne ou semi-voyelle, syllabe, mot, position, en début,
en milieu, en fin, contexte, etc.
Les phonèmes sont sans intérêt dans la conception pédagogique de la lecture,
parce que la phonologie n’interfère pas dans la forme de représentation
graphique actuelle du français.
Par ailleurs, le jour où la représentation de la langue française sera
phonologique, la démarche ne changera pas, parce que le caractère explicite et
donc les bases scientifiques et pédagogiques resteront les mêmes (2).
Remarque 2.-
a) Un enfant qui sait lire le mot "intelligent" est amené à en
connaître du coup l'orthographe. Ainsi, l'apprentissage de la lecture et
l'orthographe sont liés dans la méthode de lecture, à condition qu'elle se
conçoive comme il convient.
b) Puisqu'il repose sur des règles claires et précises, l'apprentissage de la
lecture confère l'autonomie dans le domaine.
c) Une relation causale est établie entre l'identification des mots et la
dyslexie (3). Le traitement orthophonique de la dyslexie s'appuie sur le code
alphabétique et la méthode employée est proche de la syllabique dont la
démarche illustrée plus haut est un modèle. De la sorte, la méthode de
lecture adéquate prévient et lutte contre la dyslexie et également
l'illettrisme.
Bernard
Wemague
Septembre 2007
(1) Dans l’ouvrage Apprendre à lire en CP, les
lettres non prononcées en fin de syllabes de mots sont signalées de manière
systématique par une couleur unique pour l’ensemble des catégories de
lettres, ce qui facilite la mémorisation de cette règle générale.
(2) Le jour où la langue française
sera dotée d’un système de notation phonologique, aux lettres de
l’alphabet actuel devront se substituer des phonèmes mais, on procèdera, à
peu de différences près, de la même manière que cela est présenté dans les
paragraphes ci-dessus.
(3) Les déficits, dans les méthodes de lecture, des fondamentaux qui sont les lettres de l'alphabet et l'assemblage des lettres exposent à la dyslexie et à l'illettrisme. Le constat paraît logique au vu de la nature et du mode de fonctionnement des langues humaines.