Adapter la méthode de lecture aux enfants

 

 

Etant donné la manière dont le cerveau, la cognition et la langue française fonctionnent, la méthode de lecture ne peut pas être conçue n’importe comment ; elle doit correspondre à leur mode de fonctionnement.

Les résultats actuels de la recherche scientifique sur la lecture et son apprentissage peuvent se résumer à cette idée maîtresse et fondatrice : la méthode de lecture doit être adaptée aux enfants.

 

C’est une idée de bon sens que personne ne peut contredire.

Les acquis les plus récents de la recherche scientifique confirment le résultat du bon sens : la méthode de lecture doit se concevoir et se bâtir suivant le fonctionnement des mécanismes du cerveau, du système mental et du français. Les méthodes de lecture sont loin du compte ; elles ne remplissent pas cette condition d’importance déterminante ; leurs difficultés bien connues tiennent à l’inadaptation au mode de fonctionnement cérébral, cognitif et linguistique. Ainsi, la conception et la construction de la méthode de lecture dépendent de la façon dont les mécanismes du cerveau, de la pensée et du français fonctionnent.

Dans tous les domaines, celui des méthodes de lecture inclus, le bon sens commande d’aller des réalités les plus simples aux réalités les plus complexes. Les méthodes de lecture vont à l’encontre du bon sens tel que partir des textes ou des phrases pour les méthodes globales, des mots pour les méthodes mixtes. L’illogisme et le paradoxe sont des signes de profondes faiblesses qui n’adaptent pas les méthodes de lecture aux enfants.

 

En conséquence, il fallait concevoir la méthode de lecture conforme à ladite idée, méthode que nous avons appelée tout simplement, en termes théoriques, « méthode linguistique », laquelle procède des lettres de l’alphabet de la langue française vers les phrases et les textes en passant par les unités intermédiaires.

Elle est spécifiquement conçue sur la base de la théorie contemporaine de l’apprentissage scolaire qui est celle des sciences cognitives et selon deux critères fondamentaux qui sont les mécanismes d’élaboration de la connaissance d’une part, la simplicité et la facilité d’acquisition des données pour les enfants d’autre part.

 

La simplicité et la facilité de l’apprentissage de la lecture (domaine de l’apprentissage des conventions par excellence) sont des qualités pédagogiques constamment soulignées dans la présentation des Livrets de la méthode linguistique en raison de leur impact positif considérable quant à l’entretien de la motivation des enfants et aux résultats escomptés. En effet, soit le contenu pédagogique est relativement simple et facile et ces qualités représentent des facteurs d’incitation, soit il est compliqué et difficile (1) et risque de rebuter et de décourager les enfants ou de conduire au rendement mitigé et aux controverses que l’on sait.

 

La méthode linguistique de lecture s’applique à simplifier et à faciliter autant que possible le travail des enfants.
Simplifier, c’est-à-dire rendre les éléments intellectuellement davantage accessibles aux enfants tout en partant des plus simples pour aller pas à pas vers les plus complexes.
Faciliter, c’est-à-dire réduire au minimum et rendre plus aisés à accomplir les efforts de construction de l’apprentissage et du savoir.

 

Le mode de présentation du contenu des Livrets de la méthode linguistique de lecture (cf. http://www.methode-linguistique.com ) est pédagogiquement justifié encore et surtout par le souci de simplification et de facilitation au regard des principales composantes de l’apprentissage mises en œuvre qui sont les activités motrices, la perception, la compréhension, le raisonnement, la mémorisation, la structuration et le stockage.

 

Il importe de s’arrêter un instant sur la simplification et la facilitation de ce qui est donné à apprendre et à connaître par rapport aux fonctions cérébrales et cognitives qui viennent d'être énumérées :

- Les activités motrices : la simplification, dans la conception même, de l’objet du savoir facilite le travail du cerveau.

- La perception : la simplification accroît et facilite la visibilité de l’objet du savoir.

- La compréhension : la simplification permet de saisir plus aisément l’objet du savoir.

- Le raisonnement : la simplification facilite l’établissement des liaisons entre les différents processus cognitifs qui assurent l’élaboration du savoir.

- La mémorisation : la simplification facilite la rétention, ou l’enregistrement en mémoire, de l’objet du savoir.

- La structuration : la simplification facilite l’organisation, pour être mieux stockées en mémoire, des données du savoir.

- Le stockage : la simplification favorise un meilleur emmagasinage des données dans la mémoire.

 

L’objet du savoir, impliqué par le mécanisme de fonctionnement cérébral, cognitif et linguistique, est constitué des faits linguistiques présentés avec une rigoureuse progressivité sous forme de règles explicites simples et générales de la langue française (cf. Livret 1b. Assemblage des lettres et Apprendre à lire en CP

présentés sur le site Internet http://www.methode-linguistique.com).

 

Surnombre et inadaptation des méthodes de lecture !

Pourquoi y a-t-il tant de méthodes de lecture et pourquoi sont-elles controversées les unes autant que les autres ?

C’est parce qu’elles ont des fondements scientifiques et méthodologiques contestables et qu’elles sont non conformes aux normes de fonctionnement du cerveau, des schèmes mentaux et de la langue française.

L’adéquation des méthodes de lecture aux principes de fonctionnement du cerveau, des processus cognitifs et du français, qui présuppose des bases scientifiques et méthodologiques bien fondées, donne lieu à une seule et unique méthode adaptée.

 

Bernard Wemague

Janvier 2008

 

_____________________________________________________________________

(1) Un lourd déficit d’explicite, d’organisation et de progression du contenu matériel des méthodes de lecture rend leur enseignement et leur apprentissage nécessairement beaucoup plus difficiles. Par rapport à l’impératif scientifique et pédagogique d’explicite, une occultation de l’enseignement de l’alphabet et un « départ global » fondé sur des textes, des phrases ou des mots dans la plupart des cas, sont des défauts réels et sérieux qui n’adaptent pas les méthodes de lecture aux enfants. Dans le même temps, l’introduction de la phonologie (qui n'a pas à voir avec la langue française telle qu'elle est transcrite à l’époque actuelle) dans la langue non phonologique qui est le français apporte des complications qui aggravent les difficultés d’enseignement et d’apprentissage rendant par là même les méthodes de lecture non compatibles avec les normes de fonctionnement cérébral et cognitif chez les enfants. Dans ce contexte, la notion de règles, même implicites, repose sur des fondements inexacts. On imagine alors les difficultés de la situation, d’où les résultats non satisfaisants et controversés des méthodes de lecture.