4 acquisitions essentielles pour savoir lire les mots
Savoir lire les mots constitue la connaissance fondamentale du parcours d’apprentissage de la lecture.
Suivant le fonctionnement du cerveau et de l’apprentissage, il comprend 4 acquisitions essentielles complémentaires définies par une progression méthodique, cohérente et systématique.
1) L’acquisition des bases fondamentales
L’objet de la connaissance est le suivant :
- la dénomination des outils linguistiques (lettre, syllabe, mot, etc.) ;
- la désignation des lettres de l’alphabet ;
- la distinction des sortes de lettres de l’alphabet ;
- les positions et le contexte des lettres de l’alphabet ;
- les positions des syllabes , etc.
Cf. Livret 1a. Lettres de l’alphabet.
2) L’acquisition de la construction des syllabes
L’objet de la connaissance est l’association des lettres de l’alphabet donnant lieu à la formation des syllabes.
La procédure de construction des syllabes s’appelle combinatoire.
La combinatoire consiste en l’association organisée et graduée, d’une part, des lettres de l’alphabet et, d’autre part, des prononciations correspondantes en lien avec du sens, pour former des suites pertinemment ordonnées de lettres appelées syllabes.
Par conséquent, il ne s’agit pas de n’importe quelles syllabes écrites, mais de celles de la langue française actuelle.
Cf. Livret 1b. Assemblage des lettres.
3) L’acquisition de la reconnaissance discriminative des mots
L’objet du savoir est le repérage des syllabes des mots.
Egalement appelée déchiffrage ou décodage, la reconnaissance discriminative (en opposition à reconnaissance globale) consiste à analyser rapidement le mot en syllabes, c’est-à-dire à distinguer d’un coup d’œil les différentes syllabes, ou séquences de lettres à ordre pertinent, qui composent le mot.
L’enfant cherche et trouve les diverses syllabes du mot.
4) L’acquisition de l’automatisation de l’identification des mots
L’objet de la connaissance est la prononciation automatique et exacte du mot.
L’enfant associe de façon instantanée chaque syllabe du mot à la prononciation qui lui correspond de manière à obtenir la prononciation correcte du mot entier permettant d’accéder à la signification ou au sens de ce dernier.
L’objet capital de la connaissance en matière de combinatoire est les structures et les prononciations des syllabes des mots (1).
En définitive, l’acquisition de la combinatoire est fondée sur la connaissance des syllabes. Autrement dit, l’acquisition de la combinatoire conduisant à la maîtrise du principe alphabétique et plus précisément du code écrit implique la connaissance des syllabes. Connaître la syllabe, c’est être capable de délimiter dans un mot la suite ordonnée de lettres qui correspond à ce vocable en même temps que de prononcer convenablement la suite concernée.
Les deux premières acquisitions de la liste font généralement défaut aux méthodes de lecture, d’où leur inadaptation par rapport au fonctionnement des mécanismes du cerveau, de l’apprentissage et du français.
Quant aux deux dernières acquisitions, les méthodes considérées comme syllabiques demeurent embryonnaires et, les méthodes non syllabiques, fort approximatives.
Pour résumer, en termes d’enseignement et d’apprentissage, les méthodes à départ non global sont moins déroutantes et, les méthodes à départ global, inadéquates et voilà pourquoi celles-ci sont intrinsèquement génératrices de dégâts.
La situation actuelle dans le domaine de l’enseignement et de l’apprentissage de la lecture reflète les profondes faiblesses des méthodes qui y sont engagées.
Face au mot écrit, l’enfant ayant appris la combinatoire le divise en syllabes impliquant chacune une règle générale de prononciation qu’il a assimilée et dont il est capable de retrouver l’image sonore ou auditive.
En bref, grâce à la combinatoire, l’enfant analyse le mot en unités syllabiques constitutives représentant des règles afin de le prononcer à travers leurs images visuelles et leurs images auditives respectives.
Le projet de la combinatoire est d’automatiser la lecture du système de règles de correspondances graphie-phonie-sens ou lettre-son-sens que représente le mot.
Savoir lire les mots qui est une phase décisive de l’apprentissage de la lecture, c’est être capable de les reconnaître, de les identifier et d’accéder à leur sens, compétences qui reviennent à construire le système de relations « syllabe écrite – image auditive – sens » qui peut être présenté simplement par « lettre-son-sens » ou encore « graphie-phonie-sens ».
De cet énoncé, il apparaît, en termes d’approche pédagogique, que l’enseignement de la lecture part de la langue écrite pour aller à la langue orale et au sens. C’est la démarche validée par les résultats actuels de la recherche scientifique.
Savoir lire repose fondamentalement sur la capacité à reconnaître par l’analyse les mots écrits.
Livret 1a. Lettres de l’alphabet est l’outil idéal pour initier et préparer les enfants de l’école maternelle à la reconnaissance discriminative des mots écrits dans l’optique de l’apprentissage de la lecture en CP conformément aux programmes officiels et surtout au mode de fonctionnement des circuits cérébraux et des processus cognitifs d’apprentissage dans le domaine scolaire. Il constitue en outre un excellent outil pour le soutien des élèves en difficulté de lecture.
Bernard Wemague
Avril 2008
________________________________________________________________________________________
(1) D’où la décomposition systématique des mots en syllabes dans cette phase du parcours d’enseignement et d’apprentissage de la lecture. Le modèle de décomposition syllabique est celui qui est communément admis dans la langue française et enseigné dans l’institution scolaire.